EUR/USD. Analyse et prévisions

Plusieurs indicateurs solides aux États-Unis auraient pu entraîner un renforcement significatif du dollar. Cependant, cela ne s’est pas produit. L’EUR/USD a clôturé la semaine précédente pratiquement inchangé et a entamé la nouvelle semaine sans mouvement notable. Les acteurs du marché continuent de chercher une tendance malgré les nouvelles positives concernant l’état de l’économie américaine.

Les États-Unis ont publié une série d’indicateurs macroéconomiques clés, mais ceux-ci n’ont provoqué qu’une appréciation modérée du dollar. D’un côté, le rapport sur les emplois non agricoles pour janvier a fait état de la création de 130 000 nouveaux postes, soit près du double des prévisions. Le taux de chômage a reculé à 4,3 % contre 4,4 % précédemment, soit également 0,1 point de pourcentage de mieux que prévu. En janvier, l’inflation annuelle aux États-Unis a ralenti à 2,4 %, contre 2,7 % en décembre et en dessous des attentes du marché, qui tablaient sur 2,5 %. En rythme mensuel, l’indice des prix à la consommation a augmenté de seulement 0,2 %, contre 0,3 % le mois précédent.

L’inflation mensuelle de base s’est établie à 0,3 %, tandis que l’inflation annuelle de base a atteint 2,5 %, toutes deux conformes aux attentes. Les créations d’emplois non agricoles aux États-Unis ont augmenté au rythme le plus rapide depuis plus d’un an. Pourquoi, dès lors, ces données américaines positives n’ont-elles pas entraîné un renforcement durable du dollar ? En partie parce que leur publication a été retardée en raison de la fermeture temporaire du gouvernement américain, ce qui a réduit leur actualité. De plus, ces chiffres laissent encore la porte ouverte à une possible baisse des taux. Il convient toutefois de préciser que personne ne s’attend à ce que le président de la Federal Reserve, Jerome Powell, abaisse les taux avant de quitter ses fonctions en mai. La probabilité d’un assouplissement de la politique monétaire est repoussée à juin ou juillet, lorsque Kevin Warsh devrait prendre ses fonctions.

Warsh sera confronté à de fortes pressions : le président américain Donald Trump l’a choisi en escomptant des baisses de taux substantielles, en deçà de la fourchette actuelle de 3,50 %–3,75 %. Ce sera une tâche difficile si le marché du travail se fragilise alors que les pressions inflationnistes persistent. Quoi qu’il en soit, la principale leçon de ces derniers jours est la résilience de l’économie américaine et le caractère inévitable de futures baisses de taux. Cette combinaison influe sur les marchés financiers et maintient le dollar américain dans un état d’incertitude.

Du côté européen, il n’y a pas de changements majeurs. L’idée selon laquelle l’euro manque d’un attrait marqué n’est pas nouvelle. La rareté de données significatives et la « position confortable » de la Banque centrale européenne, qui n’est pas pressée de modifier sa politique monétaire, freinent l’intérêt spéculatif. La probabilité de surprises en provenance d’Europe est trop faible pour relancer une demande soutenue pour la monnaie unique. La révision du PIB du quatrième trimestre a confirmé une croissance trimestrielle de 0,3 % et une croissance annuelle de 1,4 %. Il n’y a pas eu de surprise. L’économie de la zone euro reste stable et devrait continuer de croître à un rythme lent mais régulier.

D’un point de vue technique, la paire s’échange au-dessus de toutes les moyennes mobiles. La première résistance, juste avant le seuil psychologique de 1,1900, se situe à 1,1890. Si ces niveaux sont franchis, la paire ira tester le plus haut de février sur la voie d’un retour vers le plus haut annuel. Si elle ne parvient pas à se maintenir au-dessus de la confluence de la SMA 20 jours et de l’EMA 14 jours, la paire pourrait s’affaiblir et se diriger vers le seuil de 1,1800. Toutefois, tant que les oscillateurs journaliers restent en territoire positif, les acheteurs conservent l’avantage.

La semaine à venir sera moins riche en publications macroéconomiques. L’Allemagne publiera mardi la lecture finale de l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) de janvier, ainsi que l’enquête ZEW de février sur le sentiment économique. Les États‑Unis publieront mercredi les données actualisées sur les commandes de biens durables. Vendredi s’annonce un peu plus animé : S&P Global, en collaboration avec les banques locales, publiera les estimations préliminaires des indices des directeurs d’achats (PMI) de février pour la plupart des grandes économies. Les États‑Unis publieront l’indice des dépenses de consommation des ménages (PCE) de décembre — l’indicateur clé de l’inflation suivi par la Réserve fédérale — ainsi qu’une première estimation du PIB du quatrième trimestre. En outre, les intervenants de marché devront prêter attention cette semaine aux discours de responsables influents, tant aux États‑Unis qu’à la BCE.