Le cours de l’or a augmenté pour la cinquième journée consécutive sur fond d’escalade de la guerre au Moyen-Orient, qui a perturbé les marchés énergétiques mondiaux et poussé les investisseurs vers des actifs plus sûrs.
Hier, le cours du métal précieux a augmenté de 1,1 %, dépassant 5 380 $ l’once, ce qui représente une hausse de plus de 3 % sur les quatre dernières séances dans un contexte d’escalade du conflit dans la région. Le président Donald Trump a déclaré que les États-Unis poursuivraient leur opération militaire aussi longtemps que nécessaire, tandis qu’Israël a annoncé une série de frappes contre des centres de commandement iraniens. Téhéran a attaqué des infrastructures pétrolières et gazières et menacé le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, d’importance stratégique. Il est actuellement établi que le détroit est totalement fermé.
La forte envolée des prix de l’énergie a ravivé les craintes d’une hausse de l’inflation aux États-Unis, entraînant une baisse de la valeur des obligations du Trésor et renforçant la probabilité que la Réserve fédérale maintienne ses taux d’intérêt inchangés plus longtemps. Dans ce contexte, les opérateurs n’anticipent désormais une baisse de taux qu’en septembre, plus tard que prévu auparavant. Même si des taux plus élevés peuvent peser sur l’or, qui ne procure pas de rendement, ils peuvent aussi renforcer le rôle du métal précieux en tant que valeur refuge plus efficace.
Avant même les attaques américano-israéliennes contre l’Iran le week-end dernier, certains signes laissaient déjà présager une remontée de l’inflation aux États-Unis. Selon l’Institute for Supply Management, les prix des matières premières pour le secteur manufacturier ont bondi en février à leur rythme le plus rapide depuis 2022. JPMorgan Chase & Co. a mis en garde contre le risque que l’inflation devienne un problème sérieux pour l’économie américaine, alimentant ainsi la demande d’or.
Il convient de noter que le prix de l’or a progressé de près d’un quart depuis le début de l’année, soutenu par des tensions géopolitiques et commerciales persistantes, ainsi que par des inquiétudes concernant l’indépendance de la Fed. Si le conflit au Moyen-Orient se prolonge, le métal précieux disposera de suffisamment de leviers pour tenter de battre le record historique de plus de 5 595 $ l’once atteint à la fin du mois de janvier de cette année. En revanche, si la situation se stabilise, l’or pourrait perdre une partie de sa dynamique haussière.
Concernant la configuration technique actuelle de l’or, les acheteurs doivent franchir la première résistance à 5 317 $. Cela leur permettra de viser 5 416 $, au‑delà de laquelle il sera assez difficile de poursuivre la hausse. L’objectif le plus éloigné se situe à 5 526 $. En cas de repli de l’or, les vendeurs tenteront de reprendre la main à 5 223 $. S’ils y parviennent, une cassure de cette zone porterait un coup significatif à la position des acheteurs et ferait reculer l’or vers un plus bas à 5 137 $, avec la perspective d’atteindre 5 051 $.