La dernière fois que le Royaume-Uni a été frappé par une grave crise énergétique — après que la Russie a déclenché une opération militaire spéciale en Ukraine — la Bank of England a relevé ses taux d’intérêt pour juguler une inflation galopante. Cette fois, une telle manœuvre pourrait ne pas fonctionner.
La livre sterling perd rapidement du terrain face au dollar américain, après une forte hausse de la probabilité réelle d’une nouvelle crise énergétique et d’une nouvelle flambée de l’inflation au Royaume-Uni. Il y a quatre ans, une brusque envolée des prix avait frappé une économie en surchauffe, alors que le chômage était à son plus bas niveau depuis 48 ans et que les offres d’emploi atteignaient des records. Aujourd’hui, la situation est différente. Les ménages disposent de peu d’épargne et le chômage augmente rapidement. Dans cet environnement, de nouvelles hausses de taux pourraient devenir un sérieux problème pour l’ensemble de l’économie britannique. Les offres d’emploi sont réduites, la croissance économique ralentit, et les politiques monétaire et budgétaire pèsent sur l’activité.
Lors de la réunion de politique monétaire de jeudi, la Bank of England devrait probablement donner quelques indications sur ses prochaines actions, alors que les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran continuent de déstabiliser les prix du pétrole et du gaz. Les marchés intégraient auparavant dans les cours une nouvelle baisse de taux plus tard cette année, mais l’incertitude a fortement augmenté. Les traders parient désormais qu’il n’y aura pas de baisse ; ils s’attendent au contraire à ce que le taux directeur remonte vers 4 % d’ici décembre. Les économistes s’attendent largement à ce que le taux directeur soit maintenu inchangé cette semaine.
Comme indiqué précédemment, le Monetary Policy Committee publiera une première évaluation de l’impact du conflit iranien, qui a entraîné une hausse d’environ 42 % du pétrole et de près de 57 % du gaz depuis le 28 février. Il est probable que cette évaluation reprenne les conclusions de David Miles, de l’Office for Budget Responsibility, qui a indiqué aux parlementaires la semaine dernière que la hausse des prix de l’énergie pourrait ajouter environ un point de pourcentage à l’inflation, portant l’inflation à la consommation au second semestre 2026 à près de 3 %, contre une prévision d’avant-guerre de 2 %.
Certains économistes estiment que la situation actuelle ressemble davantage à celle de 2011 qu’à celle de 2022. À l’époque, la hausse des prix du pétrole et des matières premières avait engendré une inflation de 5,2 % en 2011, mais le Monetary Policy Committee n’avait pas réagi.
Tout cela exerce une pression à la baisse sur la livre sterling.
Perspectives techniques sur GBP/USD
Les acheteurs de livre doivent franchir la résistance proche de 1,3290. Ce n’est qu’à cette condition qu’ils pourront viser 1,3335, au‑delà de laquelle une nouvelle progression sera difficile. L’objectif haussier plus lointain se situe autour de 1,3365. À la baisse, les vendeurs tenteront de prendre la main à 1,3265. S’ils y parviennent, une cassure de cette zone porterait un coup dur aux haussiers et pourrait entraîner le GBP/USD vers 1,3240, avec une extension potentielle à 1,3220.