Il est généralement admis que tant que les prix de l’énergie restent élevés, le processus de désinflation au Royaume-Uni ne peut pas s’enclencher. Si le Monetary Policy Committee s’attendait auparavant à ce que l’inflation tombe à 2,1 % au deuxième trimestre, il l’estime désormais à environ 3 %, et il n’y a donc aucune possibilité de baisse des taux.
NIESR envisage deux scénarios d’inflation selon l’évolution de la situation au Moyen-Orient.
Selon un scénario pessimiste, les infrastructures pétrolières et gazières du Golfe persique et de l’Iran pourraient être en grande partie détruites, le prix du baril de pétrole pourrait atteindre 200 $ ou davantage, et les effets de la crise pourraient se prolonger plusieurs années. Dans un scénario optimiste, l’escalade serait contenue, les prix pourraient se stabiliser autour de 120 $, et il faudrait plusieurs mois pour reconstituer les stocks mondiaux.
Dans les deux scénarios, l’inflation augmentera, mais à des rythmes différents. À partir de juillet, cette hausse sera durable et, selon le scénario qui se réalisera, elle se situera entre 3 % et 5 %. NIESR note également que même le scénario pessimiste pourrait s’avérer trop optimiste si une escalade mondiale se produisait et si de nombreux facteurs secondaires, résultant directement ou indirectement d’une hausse durable des prix de l’énergie, entraient en jeu.
Pour l’instant, la situation évolue plutôt selon la logique pessimiste. Certes, hier, le président américain Trump a rassuré les marchés en reportant les frappes contre le système énergétique iranien en raison de ce qu’il a qualifié de « discussions très bonnes et productives », mais rien n’a fondamentalement changé, car l’Iran, selon ses responsables, ne mène aucune discussion, et Trump a annulé les frappes sous la pression de l’Iran, qui avait promis des réponses inacceptables pour les États‑Unis et leurs alliés. Si tel est le cas, les États‑Unis sont plus éloignés, et non plus proches, de la fin de la guerre selon leurs propres conditions, ce qui, en tout état de cause, ne cadre pas avec le scénario optimiste.
Demain sera publié le rapport sur l’inflation au Royaume‑Uni pour le mois de février, qui est déjà dépassé, puisqu’il ne reflète pas encore les effets de la guerre. Les statistiques économiques passent au second plan : nous partons du principe qu’il n’y a pas de raisons pour une appréciation de la livre sterling, car même une inflation plus élevée et un probable resserrement de la politique monétaire par la Bank of England ne compenseront pas les conséquences mondiales de la perturbation du système énergétique mondial.
La position nette vendeuse sur la GBP a diminué de 1,6 milliard sur la semaine de référence, à -5,5 milliards. Le positionnement spéculatif reste baissier, le prix implicite demeure inférieur à la moyenne de long terme, et aucun signe de retournement n’est visible pour l’instant.
Dans notre précédente analyse, nous avions indiqué qu’après une brève phase de stabilisation, la livre se dirigerait à la baisse vers le support situé à 1,3000/50. Ce scénario reste d’actualité, malgré un léger rebond après la tentative de Trump d’apaiser l’escalade. La résistance à 1,3470/90 a peu de chances d’être franchie ; les tentatives de hausse peuvent être mises à profit pour renforcer de nouvelles positions de vente à découvert.