Les cours du pétrole sont revenus jeudi aux environs de 100 $ le baril, alors que les hostilités dans le golfe Persique se poursuivent, bien qu’à une intensité moindre. Trump ne se précipite pas pour retirer les troupes, exigeant de l’Iran une mise en œuvre réelle de l’accord ; toutefois, il semble que les deux parties interprètent cet accord de manière totalement différente. Les États-Unis et l’Iran devraient se rencontrer vendredi à Islamabad pour un nouveau cycle de pourparlers.
Bien que le Canada produise suffisamment de pétrole et de gaz pour être bien moins dépendant de la crise sur les marchés de l’énergie, la croissance de son économie reste freinée, et les difficultés ne feront que s’aggraver. La part des exportations canadiennes vers les États-Unis est en baisse, conséquence du maintien de droits de douane élevés : alors qu’en 2024 elles représentaient 76 % du total des exportations, ce chiffre n’était déjà plus que de 66 % en février 2026.
Les exportations sont redirigées vers d’autres pays, principalement vers l’Europe. Toutefois, l’Europe risque de souffrir davantage que la plupart des autres régions de tensions sur les approvisionnements énergétiques, ce qui entraînera, de manière prévisible, une baisse de la demande des consommateurs et, par conséquent, une diminution des importations en provenance du Canada. Il n’existe pas d’autres marchés réellement ouverts et, quant à la demande intérieure du Canada, son potentiel est assez limité et sujet à des fluctuations. Au quatrième trimestre, le PIB du Canada n’a augmenté que de 0,7 % sur un an, soit sa plus faible progression depuis le premier trimestre 2021, et les prévisions pour le premier trimestre 2026 sont également plutôt pessimistes. L’indice désaisonnalisé Ivey Business Activity s’est effondré en mars, passant d’un niveau déjà élevé de 56,6 points à 49,7 points, c’est‑à‑dire en zone de contraction. Le rapport sur l’emploi de mars, qui sera publié vendredi, apportera peut‑être un peu d’optimisme ; toutefois, s’il déçoit, il fera, conjugué au recul de l’activité des entreprises, aux difficultés à l’exportation et à la faiblesse de la demande des ménages, peser une menace directe de récession.
Les positions spéculatives sur le dollar canadien sont passées d’une posture neutre à baissière, pour atteindre -2,35 milliards ; la variation hebdomadaire est de -2,23 milliards, tandis que le prix implicite évolue à la hausse.
Une semaine plus tôt, nous avions fixé un objectif à 1,4139 et nous maintenons toujours cette prévision, en dépit même du début de la trêve dans le Golfe. Nous partons du principe que, même si la trêve tient et même si des négociations s’engagent, la probabilité que les parties ne parviennent pas à un accord demeure très élevée. Par conséquent, l’Iran s’accrochera jusqu’au dernier moment à son atout maître, à savoir la fermeture du détroit, ce qui prolongera mécaniquement le processus de sortie de crise sur de nombreux mois. Le support se situe à 1,3730/50 ; une baisse vers ce niveau est peu probable et ne pourrait intervenir qu’en cas de lancement d’un véritable processus de paix dans le Golfe, et pas seulement d’annonces verbales.