Dollar – Le guerrier. Il n’a pas besoin de paix

Il vaut mieux une mauvaise paix qu’une bonne guerre. Les négociations entre les États-Unis et l’Iran se sont terminées sans accord. Après plus de 20 heures de dialogue, les parties n’ont pas réussi à parvenir à un consensus. Donald Trump a ordonné à ses militaires : que personne n’entre ni ne sorte du détroit d’Ormuz. Les prix du pétrole ont bondi dans l’anticipation d’une pénurie accrue sur le marché. La paire EUR/USD a ouvert la semaine avec un gap baissier, mais ne se précipite pas pour reculer davantage. Que se passe-t-il ?

Il est difficile d’espérer un compromis lorsque des négociations se déroulent sous la menace des armes. L’occupant de la Maison-Blanche a déclaré que les États-Unis étaient le vainqueur absolu de la guerre, et qu’un tel pays avait le droit d’exiger tout ce qu’il voulait. Les Américains ont donc exigé de l’Iran qu’il renonce non seulement à son programme nucléaire et à ses missiles balistiques de longue portée, mais aussi à ses alliés tels que le Hezbollah et le Hamas. Tout cela était perçu par les États-Unis comme un arsenal empêchant Israël et d’autres pays du Moyen-Orient de dormir sur leurs deux oreilles.

Le problème est que, pour l’Iran, il s’agit d’une arme de défense. C’est uniquement grâce à elle qu’il peut dissuader des agresseurs comme les États-Unis. Les visions opposées des deux parties ont conduit à l’échec des négociations. En tout état de cause, le rallye de l’EUR/USD paraissait déjà excessivement rapide. Credit Agricole a souligné qu’il est peu probable que le dollar chute trop bas. Deux raisons à cela : les prix du pétrole devraient rester élevés, ce qui pénalisera davantage les économies européenne et asiatique que celle des États-Unis ; l’incertitude entourant la situation au Moyen-Orient n’a pas disparu.

Attentes du marché concernant le taux de la Fed

À ces raisons s’ajoute la réticence de la Réserve fédérale à abaisser ses taux. Même si l’inflation sous-jacente américaine pour le mois de mars s’est révélée inférieure aux prévisions des analystes de Bloomberg, il est probable que ce chiffre rebondisse en avril sous l’effet des mécanismes de second tour. La Fed envisagera certainement un durcissement de sa politique monétaire !

Bank of America estime que cela ne se produira pas. Au contraire, elle maintient sa prévision de deux mesures d’assouplissement monétaire en 2026. L’entreprise considère que la Fed sera confrontée à des pressions au second semestre de l’année en cours, moins en raison d’un marché du travail stable mais fragile et d’un refroidissement de l’économie que du fait des pressions politiques. L’arrivée de Kevin Warsh rendra la Fed bien plus « dovish » qu’auparavant.

Cependant, les investisseurs doivent désormais se concentrer sur le Moyen-Orient. L’escalade du conflit, matérialisée par la rupture du cessez-le-feu de deux semaines, risque de renforcer le dollar américain. À l’inverse, le retour de Washington et de Téhéran à la table des négociations fournirait un solide argument en faveur des achats d’euros. Il reste à déterminer quel scénario est le plus probable.

D’un point de vue technique, le graphique quotidien de l’EUR/USD a affiché un gap baissier à l’ouverture de la semaine. Les « bulls » sont parvenus à combler assez rapidement ce gap de prix. Toutefois, une baisse sous 1,1675 et 1,1660 signalera une attaque des « bears » et justifiera les ventes sur la paire de devises principale.