Espérer le meilleur, se préparer au pire. Les investisseurs ont récemment mis de côté toute crainte et semblent convaincus que le conflit au Moyen-Orient touche à sa fin. Les premiers pourparlers entre les États-Unis et l’Iran ont-ils échoué ? Aucun problème ! D’autres suivront. Lorsque aucune des deux parties n’a l’intention de reprendre les combats, la signature d’un accord de paix n’est qu’une question de temps. Mais ce délai pourrait s’allonger.
Plus la guerre dure, plus le risque est grand que le Brent et le WTI restent à des niveaux élevés. Cela s’accompagne d’un risque d’accélération de l’inflation et de ralentissement de la croissance économique. L’économie mondiale se dirige résolument vers la stagflation. Et les premières preuves de cette évolution devraient apparaître avec la publication des données sur l’activité des entreprises européennes et américaines pour le mois de mars.
Dynamique de l’activité des entreprises dans différents paysQue feront les banques centrales ? Pour lutter contre la hausse des prix, elles relèveront les taux. Pour maintenir les économies à flot, elles les baisseront. Les banques centrales seront confrontées à un choix difficile ; pourtant, le marché à terme anticipe un resserrement massif de la politique monétaire. À en juger par les commentaires de Christopher Waller, c’est effectivement ce qui devrait se produire. L’un des principaux « colombes » du FOMC a déclaré que les risques liés à l’inflation devenaient plus importants que ceux liés au chômage. Dans ce scénario, la Réserve fédérale préférerait maintenir des coûts d’emprunt élevés, même si le marché du travail continue de se refroidir.
Ce qui est permis à Jupiter ne l’est pas au taureau. Si l’économie américaine, en tant qu’exportatrice d’énergie, peut supporter à la fois des prix plus élevés du pétrole et du gaz et des taux élevés, la zone euro, elle, ne peut clairement pas se le permettre. Le marché à terme surestime nettement la capacité de la Banque centrale européenne à durcir sa politique monétaire. Deux à trois tours de vis monétaire, c’est déjà trop. Le bloc monétaire court le risque de glisser vers la récession.
Cependant, cela pourrait ne pas suffire à inverser la tendance haussière de l’EUR/USD. Les investisseurs sont animés par le FOMO (fear of missing out) et achètent les indices boursiers et l’euro comme des petits pains. Il leur faut quelque chose de vraiment effrayant pour les détourner de cette trajectoire ascendante. Il est tout à fait possible que ce « quelque chose » soit une nouvelle rupture des négociations entre les États-Unis et l’Iran ou la reprise des bombardements.
On ne devient pas conciliant sous la contrainte. Donald Trump joue un jeu dangereux en menaçant de détruire chaque centrale électrique et chaque pont. Il n’est pas certain que l’Iran accepte de venir à la table des négociations avec un fusil braqué sur lui. Rien ne garantit que l’on parvienne à un terrain d’entente sur le programme nucléaire. Les positions des parties sont très éloignées. Parvenir à un compromis sera extrêmement difficile. Seule une désescalade du conflit permettra à l’euro de retrouver une tendance haussière face au dollar américain. À l’inverse, une détérioration de la situation au Moyen-Orient ravivera l’intérêt pour le billet vert.
D’un point de vue technique, sur le graphique quotidien de l’EUR/USD, on a observé un deuxième gap consécutif à l’ouverture de la semaine. Les « taureaux » l’ont comblé. Cependant, l’incapacité de maintenir la paire de devises principale au-dessus de 1,176 est un signe de faiblesse des acheteurs et un argument en faveur de positions vendeuses.