Piège d’Hormuz : blocus ou bombes ? Pas de troisième option ? Calendrier du trader des 23 et 24 avril

Stratégie de la « lente strangulation »

Le président Donald Trump a radicalement modifié sa rhétorique, affirmant que Washington ne pousse plus Téhéran à conclure un accord dans l’urgence. Dans une interview à Fox News, il a démenti les rumeurs d’une fenêtre serrée de « trois à cinq jours », en soulignant que l’administration entend attendre un « accord favorable » plutôt que de courir après des échéances pour doper les résultats des élections de mi‑mandat. Trump a fixé un nouvel objectif — dimanche prochain. Dans le même temps, il a clairement indiqué que le blocus naval actuel des ports iraniens est un instrument de pression bien plus efficace que des bombardements massifs. Selon le président, les Iraniens « détestent le blocus » parce qu’il porte un coup systémique à l’économie, impossible à ignorer.

Escalade en mer et menace de mines. Malgré les marques de courtoisie diplomatique de Trump envers le « prudent » ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, la situation sur l’eau reste extrêmement explosive. Le conflit s’est étendu bien au‑delà du golfe Persique : les forces américaines ont intercepté trois pétroliers iraniens dans les eaux asiatiques, un acte que Téhéran qualifie de piraterie. Le Corps des gardiens de la révolution islamique a également arraisonné deux navires, et les commandants iraniens ont promis à l’adversaire des « surprises » auxquelles le Pentagone pourrait ne pas être prêt. La principale « surprise » pourrait être un barrage de mines et d’explosifs. Selon les estimations de l’armée américaine, un déminage complet du détroit pourrait prendre jusqu’à six mois, ce qui gèlerait de fait la principale artère pétrolière du monde pour tout l’été 2026.

L’économie des chokepoints

La crise actuelle illustre de manière saisissante la transformation de l’économie mondiale en un système de confrontation généralisée par les points de passage obligés. Dans le monde contemporain, la puissance d’un État se définit non seulement par le nombre de porte‑avions, mais aussi par le contrôle de segments critiques :

les systèmes financiers et la capacité de bloquer les transactions ; les chaînes technologiques et l’accès à la fabrication de puces ; les artères logistiques comme le détroit d’Hormuz ou le détroit de Malacca ; les ressources de terres rares cruciales pour la nouvelle économie de l’énergie.

Le contrôle de ces points confère un levier asymétrique. Une erreur dans l’identification d’un tel chokepoint rend toute pression économique inutile, mais une frappe précise — comme avec le blocus actuel des exportations iraniennes — peut paralyser un pays entier sans invasion de grande ampleur. Le monde observe pour savoir si l’administration Trump dispose de suffisamment de patience et de ressources pour tenir ces points de contrôle alors que l’adversaire est prêt à prendre des contre‑mesures radicales.

Pour le système financier mondial, il est indifférent que les combats soient « chauds » ou « gelés ». Le seul facteur objectivement déterminant est la stabilité du trafic commercial à travers le détroit d’Hormuz. À ce stade, aucun progrès n’a été réalisé dans le déblocage du golfe Persique. Cela signifie que le monde perd entre 8 et 15 millions de barils de pétrole par jour et environ 20 % des volumes mondiaux de GNL. Tout l’optimisme des deux dernières semaines, nourri par les plans de paix « bidon » de Trump, n’est qu’un produit de manipulation médiatique. En réalité, la crise énergétique aujourd’hui en est au même point qu’au début du mois d’avril.

La mathématique de l’épuisement

Les modèles montrent que le monde se dirige vers un « point de non‑retour ». Avec le déficit d’offre actuel de 10 à 12 millions de barils par jour (plus de 300 millions de barils par mois), les stocks mondiaux se réduisent à un rythme alarmant. D’ici début mai 2026, les ressources agrégées (réserves stratégiques des pays développés, pétrole russe et iranien temporairement libéré, et tampons de stockage flottant) seront presque totalement épuisées. Il ne restera à Washington que trois options :

ouvrir réellement le détroit d’Hormuz (ce qui exigerait des concessions inacceptables à l’Iran) ; procéder à un nouveau prélèvement sur les réserves stratégiques (au risque d’épuiser complètement la sécurité énergétique) ; l’effondrement économique lorsque les réserves toucheront le fond.

La nouvelle marge de manœuvre de l’Iran

Pour Téhéran, la guerre actuelle est devenue un portail vers un statut de grande puissance régionale. Le contrôle du golfe Persique et la capacité de menacer les infrastructures mondiales ont donné à l’Iran une véritable autonomie d’action. Sans ces leviers, le pays risque de devenir un « vassal » isolé de la Chine, avec une industrie ruinée et une économie en déclin. Naturellement, l’Iran n’a aucune intention de desserrer son étreinte sur l’économie mondiale : il dicte désormais ses conditions aux États‑Unis malgré la supériorité militaire américaine. De plus, même avec des exportations limitées (1,5 million de barils par jour), l’Iran engrange des bénéfices exceptionnels de 2 à 3 milliards de dollars par mois grâce à l’envolée des prix.

TACO n’y changera rien. Alors que les États‑Unis démontrent leur incapacité à contrôler le trafic maritime, l’Iran continue de monétiser le chaos. La situation a atteint une impasse : Trump cherche désespérément un moyen d’arriver aux élections de novembre non pas forcément en vainqueur, mais au moins sans perdre la face. Pendant ce temps, l’Iran relève progressivement les enchères, sachant que le temps et l’épuisement des réserves occidentales jouent en sa faveur. Russell Hardy, CEO du plus grand négociant pétrolier indépendant Vitol, a déclaré lors d’un sommet à Lausanne que la perte d’un milliard de barils de pétrole et de produits pétroliers n’est pas une prévision pessimiste, mais déjà un fait accompli. Même si les hostilités s’arrêtaient immédiatement, ce volume colossal de brut « perdu » est d’ores et déjà prédéterminé par la paralysie des infrastructures. Depuis la fin février, lorsque les premières frappes contre l’Iran ont commencé, environ 12 millions de barils par jour ont disparu de l’équation mondiale.

Cela représente le double de toutes les interventions sur les réserves stratégiques jamais entreprises. Hardy, dont la carrière s’étend sur près de 40 ans, affirme que l’effondrement actuel surpasse même l’invasion du Koweït par l’Irak en 1990. À l’époque, il existait encore des capacités de réserve dans le système, et le marché était plus compact. Aujourd’hui, tous les volumes de pétrole « assurantiels » sont verrouillés derrière le détroit d’Hormuz, ce qui porte un coup direct à l’économie mondiale. Et le pétrole n’est que la partie émergée de l’iceberg :

le blocus du gaz moyen‑oriental provoque déjà une pénurie d’engrais et une crise alimentaire ; le manque d’acide sulfurique en provenance de la région ralentit la production mondiale de cuivre.

Le dilemme de Wall Street, les fractures sociales et l’écho à long terme

Le scepticisme grandit quant à la capacité de Donald Trump de « résoudre » la situation. Tandis que les indices boursiers évoluent près de leurs sommets, les investisseurs fondent leurs espoirs sur la capacité quasi mythique du 47e président à mettre fin au conflit par un simple décret. Dans les conversations privées circule l’abréviation TACO (Trump Always Chickens Out), certains anticipant un nouveau virage spectaculaire vers la paix. Cependant, comme le relèvent les analystes de RBC Capital Markets, « il faut être deux pour TACO », et Téhéran ne montre aucun signe de concession, laissant Trump prisonnier de l’escalade qu’il a lui‑même contribué à créer. « Si le détroit d’Hormuz n’est pas rouvert d’ici trois mois, la situation évoluera en un problème macroéconomique qui poussera le monde en récession », prévient Frederic Lasser de Gunvor.

Selon le CEO de Trafigura, Richard Hultum, les pays occidentaux riches pourront « acheter » la sécurité physique de leurs consommateurs au prix de dépenses budgétaires insensées. Parallèlement, les pays en développement d’Asie et d’Afrique devront faire face à un effondrement de la demande et à de vraies pénuries de ressources. La répartition des pénuries sera particulièrement inéquitable. En outre, même dans le scénario le plus optimiste, les effets sur le raffinage se feront sentir pendant des années.

Amrita Sen, responsable de l’analyse chez Energy Aspects, souligne que même si le débit du détroit est rétabli à la moitié de sa capacité d’ici fin mai, le marché perdra de manière irréversible 450 millions de barils de diesel et d’essence. Compte tenu de l’absence de capacités de raffinage excédentaires à l’échelle mondiale, ce déficit ne pourra pas être comblé avant 2030. Le monde qui s’était habitué à l’énergie bon marché a disparu ; il a été remplacé par une réalité où le carburant devient un luxe réservé à quelques‑uns.

Le Vieux Continent choisit l’autonomie

Malgré la guerre au Moyen‑Orient, la monnaie européenne fait preuve d’une résilience remarquable. Ursula von der Leyen appelle ouvertement à la consolidation européenne pour empêcher la domination de Washington, Pékin ou Ankara. Ces paroles sont appuyées par le sentiment de marché : l’euro s’est redressé à 1,18 dollar, signant la deuxième meilleure performance parmi les devises du G10. Les investisseurs achètent massivement des options haussières visant 1,20 dollar, ignorant les prévisions d’effondrement de l’industrie européenne. Le marché intègre de plus en plus un affaiblissement structurel du dollar, et la dynamique de l’euro dépend désormais moins des taux d’intérêt de la Fed que de la capacité de Bruxelles à prendre ses distances avec une politique de Trump jugée imprévisible.

Le ricochet iranien

La campagne militaire américaine contre l’Iran a produit des résultats qui n’étaient probablement pas prévus dans le Bureau ovale. Au lieu du sursaut national attendu, Trump se heurte à une profonde fracture de son électorat et à un déclin de son influence politique intérieure. Sur le plan extérieur, l’ironie est encore plus forte : la crise énergétique déclenchée par la guerre est devenue un puissant catalyseur de la « transition verte ». Cherchant à échapper à la dépendance aux combustibles fossiles instables et aux routes maritimes imprévisibles passant par Hormuz, les pays accélèrent le déploiement du solaire et de l’éolien. Ainsi, la tentative de Trump de « sauver le monde » en contrôlant le pétrole n’a fait qu’accélérer le jour où ce pétrole ne sera plus nécessaire. Washington risque de se retrouver seul avec ses porte‑avions dans une région qui n’est plus le centre énergétique de la planète, tandis que l’Europe et la Chine construisent de nouveaux systèmes énergétiques autonomes.

« Absolument pas »

Le futur patron de la banque centrale américaine ne sera pas non plus docile face au président. Les auditions du 23 avril 2026 devant la commission bancaire du Sénat ont été un moment de vérité pour Kevin Warsh. Le candidat à la présidence de la Fed, proposé par Donald Trump, s’est vu poser une question brutale par le sénateur John Kennedy : deviendrait‑il une « marionnette » de la Maison‑Blanche ? La réponse de Warsh a été brève et sans équivoque : « Absolument pas. » Il a souligné que l’indépendance de la politique monétaire n’est pas un privilège, mais un outil permettant de prendre des décisions de qualité sans tenir compte des distractions politiques.

Ce communiqué a subi des pressions sans précédent en provenance du Bureau ovale. Deux jours plus tôt seulement, Trump avait déclaré sur CNBC qu’il serait déçu si le nouveau président de la Fed ne réduisait pas immédiatement les taux. Le président rêve d’une baisse à 1 % cette année, mais Warsh fait preuve de prudence, refusant de donner au marché des « signaux préliminaires ». Tandis que Trump réclame de l’argent bon marché, Kevin Warsh met l’accent sur l’autonomie institutionnelle. Lors de la prochaine réunion des 28–29 avril, les experts s’attendent presque unanimement à un maintien des taux dans la fourchette actuelle de 3,5 %–3,75 %, ce qui constituera le premier signe de divergence entre la ligne de la Maison-Blanche et la future direction de la Fed.

Le dollar américain

Parallèlement aux batailles financières, la géopolitique continue de maintenir la devise américaine à flot. L’indice du dollar a atteint un plus haut hebdomadaire. Les investisseurs utilisent de nouveau le dollar comme valeur refuge dans un contexte d’absence totale de progrès avec l’Iran. Le détroit d’Ormuz reste de facto fermé. Donald Trump est passé à une stratégie d’attente stratégique, qualifiant le cessez-le-feu actuel « d’illimité ». Washington a adopté la position selon laquelle « la balle est dans le camp de l’adversaire » et attend une nouvelle proposition de paix de la part de l’Iran. Toutefois, pour l’économie, cette pause apparaît plus inquiétante que rassurante : le blocage persistant maintient les prix de l’énergie à un niveau élevé et alimente les risques inflationnistes.

23 avril

23 avril, 2h00 / Australie / S&P Global Manufacturing PMI d’avril (estimation avancée) / préc. : 51,0 / réel : 49,8 / prévision : 49,0 / AUD/USD – en baisse

Le secteur manufacturier australien est entré en stagnation en mars 2026 pour la première fois en cinq mois, tombant à 49,8 points. Les principales pressions proviennent :

d’une réduction des commandes domestiques d’une deuxième baisse consécutive des volumes de production

Faute de charge sur les capacités de production, la croissance de l’emploi s’est transformée en suppressions de postes, et la confiance des entreprises s’est effondrée, provoquant un fort dégonflement des stocks. La situation est aggravée par la géopolitique : le conflit au Moyen-Orient a entraîné de graves perturbations des chaînes d’approvisionnement et poussé l’inflation des coûts d’intrants à un plus haut de trois ans et demi. Si le chiffre d’avril tombe à la prévision de 49,0 points, le dollar australien s’affaiblira.

23 avril, 3h30 / Japon / S&P Global Manufacturing PMI d’avril (estimation avancée) / préc. : 53,0 / réel : 51,6 / prévision : 51,2 / USD/JPY – en hausse

Le PMI manufacturier du Japon pour mars a été révisé à la hausse, à 51,6. Cependant, l’indicateur marque un net ralentissement par rapport au pic de quatre ans atteint en février (53,0). Les embauches ont ralenti pour atteindre leur rythme le plus faible depuis le début de 2026, malgré les efforts des entreprises pour faire face aux pénuries de main-d’œuvre. Les pressions inflationnistes se sont intensifiées :

les coûts des matières premières et de l’énergie ont atteint des niveaux inédits depuis août 2024 combinés à un yen plus faible, ils ont contraint les producteurs à relever les prix de sortie d’usine à un rythme record sur deux ans

La prudence des entreprises face à la guerre au Moyen-Orient a refroidi le climat des affaires. Si l’indice d’avril atteint la prévision de 51,2 points, le yen s’affaiblira.

23 avril, 7h00 / Zone euro / Immatriculations de voitures particulières en mars / préc. : -3,9 % / réel : 1,4 % / prévision : 5,5 % / EUR/USD – en hausse

Le marché automobile de l’UE a montré des signes de reprise en février 2026 : les immatriculations de voitures particulières ont augmenté de 1,4 % (à 865 437 unités) après un recul en janvier. La croissance a été soutenue par trois des quatre principales économies :

Italie – 14,0 % Espagne – 7,5 % Allemagne – 3,8 %

La France, en revanche, a enregistré une chute de 14,7 %. Le segment des véhicules électriques à batterie (BEV) mérite une attention particulière : sa part de marché est montée à 18,8 %, et les immatriculations ont bondi de 20,6 %, notamment en Italie et en Allemagne. Si la croissance des ventes de mars atteint la prévision de 5,5 %, l’euro se renforcera.

23 avril, 10h30 / Allemagne / S&P Global Manufacturing PMI d’avril (estimation avancée) / préc. : 50,9 / réel : 52,2 / prévision : 51,3 / EUR/USD – en baisse

L’industrie allemande a fait preuve d’une résilience inattendue en mars. Le PMI a été révisé à 52,2 — son plus haut niveau depuis mai 2022. La hausse des commandes a été paradoxalement alimentée par les clients constituant des stocks par crainte de pénuries liées à la guerre au Moyen-Orient. Ces mêmes craintes ont provoqué les pires retards de livraison en provenance d’Asie depuis juillet 2022. Les industriels allemands ont subi un puissant choc inflationniste :

les prix des matières premières et de l’énergie ont bondi à des sommets inédits depuis octobre 2022 ce qui a fait tomber les anticipations des entreprises à un plus bas de quatre mois

Si l’indice d’avril recule à la prévision de 51,3 dans un contexte de crise logistique, l’euro s’affaiblira.

23 avril, 11h00 / Zone euro / S&P Global Manufacturing PMI d’avril (estimation avancée) / préc. : 50,8 / réel : 51,6 / prévision : 50,7 / EUR/USD – en baisse

Le secteur manufacturier de la zone euro a affiché une vigueur inattendue en mars 2026. Le PMI est monté à 51,6, enregistrant sa plus forte progression depuis la mi-2022. Cette hausse s’est produite dans un contexte paradoxal : la guerre au Moyen-Orient a provoqué de fortes perturbations logistiques, poussant les entreprises à augmenter la production (un plus haut de 7 mois) et entraînant la première hausse des carnets de commandes depuis longtemps. Les commandes à l’exportation se sont stabilisées, mais l’emploi continue de reculer. Les pressions sur les prix restent critiques :

l’inflation des coûts d’intrants a retrouvé les pics de fin 2022 les prix de sortie d’usine augmentent au rythme le plus rapide depuis trois ans

Malgré les niveaux actuels, la confiance des entreprises se détériore sous la pression géopolitique. Si l’indice d’avril tombe à la prévision de 50,7 points, l’euro s’affaiblira.

23 avril, 11h30 / Royaume-Uni / S&P Global Manufacturing PMI d’avril (estimation avancée) / préc. : 51,7 / réel : 51,0 / prévision : 50,2 / GBP/USD – en baisse

Le secteur manufacturier britannique s’est refroidi en mars 2026 — le PMI a reculé à 51,0. Le déclenchement des hostilités au Moyen-Orient a déstabilisé les marchés de l’énergie, obligeant les entreprises à réduire leur production pour la première fois en six mois. Néanmoins, l’indice reste au-dessus du seuil psychologique des 50, et les nouvelles commandes affichent une dynamique modérément positive. Le principal facteur négatif a été l’explosion des coûts du pétrole et du gaz, qui a contraint près de la moitié des fabricants à relever leurs prix. L’incertitude croissante continue de miner l’optimisme des entreprises à long terme. Si le chiffre d’avril tombe à la prévision de 50,2, la livre s’affaiblira.

23 avril, 13h00 / Royaume-Uni / CBI Industrial Trends Survey (confiance des entreprises) pour le T2 / préc. : 31 / réel : -19 / prévision : -23 / GBP/USD – en baisse

L’enquête de la Confederation of British Industry (CBI) a fait apparaître une forte dégradation du climat dans l’industrie manufacturière : l’optimisme est tombé à -19 %, et les perspectives d’exportation sont évaluées à -12 %. Bien qu’il s’agisse du résultat « le moins négatif » des 18 derniers mois, les problèmes fondamentaux demeurent : les clients retardent leurs commandes et réduisent leurs dépenses. La rentabilité est « laminée » par :

des salaires élevés la fiscalité des prix exorbitants Les entreprises ont un besoin urgent d’un soutien gouvernemental clair pour compenser ces coûts. Si l’indice du T2 atteint la prévision de -23 points, la livre s’affaiblira.

23 avril, 15h30 / Canada / Indice des prix à la production (en glissement annuel) pour mars / préc. : 5,6 % / réel : 5,4 % / prévision : 6,5 % / USD/CAD – en baisse La hausse des prix à la production au Canada sur un an a ralenti à 5,4 % en février 2026, un niveau toujours largement supérieur à la moyenne de long terme de 3,46 %. Malgré un léger repli par rapport aux pics de janvier, l’inflation industrielle demeure élevée, reflétant la forte volatilité des prix des matières premières et des biens intermédiaires. Le marché anticipe une nette accélération en mars. Si le chiffre atteint la prévision de 6,5 %, le dollar canadien se renforcera.

23 avril, 15h30 / Canada / Hausse des prix des matières premières pour mars / préc. : 8,0 % / réel : 8,6 % / prévision : 14,0 % / USD/CAD – en baisse

L’inflation dans le secteur des matières premières au Canada a accéléré à 8,60 % en février 2026, plus du double de la moyenne de long terme (3,74 %). La hausse des prix des matières premières reste tenace, tout en demeurant loin des sommets atteints durant la pandémie. Cet indicateur est essentiel pour une économie tournée vers l’exportation et exerce une pression directe sur la politique monétaire. Si le chiffre de mars atteint la prévision de 14,0 %, le dollar canadien se renforcera.

23 avril, 15h30 / États-Unis / Chicago Fed National Activity Index pour mars / préc. : 0,20 / réel : -0,11 / prévision : 0,20 / USDX (indice dollar à 6 devises) – en hausse

L’activité économique dans le district de la Chicago Fed est devenue négative de façon inattendue en février 2026, tombant à -0,11. Les principales contributions négatives proviennent :

du secteur manufacturier de l’emploi

La consommation des ménages et le marché du logement n’ont montré qu’une croissance symbolique. Ces données indiquent un ralentissement local de l’expansion économique à la fin de l’hiver. Si le rapport de mars fait apparaître un redressement à la prévision de 0,20, le dollar américain se renforcera.

23 avril, 15h30 / États-Unis / Nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage / préc. : 218 k / réel : 207 k / prévision : 212 k / USDX (indice dollar à 6 devises) – en baisse

Le marché du travail américain reste solide. Les nouvelles inscriptions au chômage pour la semaine se terminant le 11 avril ont reculé à 207 000 — leur plus forte baisse hebdomadaire en deux mois et un chiffre meilleur qu’attendu. Malgré une légère hausse de la moyenne mobile sur 4 semaines et une augmentation des demandes continues à 1 818 000, la dynamique générale témoigne de licenciements limités. Si les demandes de la semaine suivante augmentent pour atteindre la prévision de 212 000, le dollar s’affaiblira.

23 avril, 16h45 / États-Unis / S&P Global Manufacturing PMI d’avril (estimation avancée) / préc. : 51,6 / réel : 52,3 / prévision : 52,0 / USDX (indice dollar à 6 devises) – en baisse

Le PMI manufacturier américain en mars 2026 est resté à 52,3, confirmant l’expansion du secteur. La croissance a été stimulée par la demande intérieure et par la constitution de stocks par les entreprises dans le contexte du conflit au Moyen-Orient. Les ventes à l’exportation restent pénalisées par les droits de douane, et les perturbations logistiques ont entraîné les délais de livraison les plus longs depuis 3 ans et demi. L’inflation des coûts d’intrants a atteint un sommet inédit depuis août 2025, obligeant les entreprises à relever les prix de sortie d’usine au rythme le plus rapide depuis sept mois. Si l’estimation avancée de l’indice d’avril recule à la prévision de 52,0, le billet vert s’affaiblira.

23 avril, 18:00 / USA / Kansas City Fed Manufacturing Index pour avril (avance) / préc.: 10 / réel: 11 / prévision: 12 / USDX (indice USD à 6 devises) – en hausse

L’activité manufacturière dans la région de la Kansas City Fed a continué de progresser en mars 2026, atteignant 11 points. Une dynamique positive a été observée dans :

la production de biens durables (bois d’œuvre) les segments de consommation (plastiques, papier)

Un signal important a été le redressement de l’indice de l’emploi (7 points contre -6 en février), même si les commandes à l’exportation et les dépenses d’investissement restent faibles. Les entreprises demeurent optimistes et anticipent un renforcement supplémentaire au cours des six prochains mois. Si l’indice d’avril progresse jusqu’aux 12 points prévus, le dollar américain se renforcera.

La confiance des consommateurs au Royaume-Uni est tombée à -21 points en mars 2026, un plus bas d’un an. La principale source de pessimisme a été la guerre avec l’Iran. Les prix de l’essence ont bondi de 50 %, obligeant les ménages à réduire fortement leurs projets d’achats importants et à augmenter leur taux d’épargne (en hausse de 6 points). La plus forte baisse a été observée dans les anticipations concernant les perspectives économiques globales du pays pour les 12 prochains mois. Selon Neil Bellamy de GfK, les Britanniques doutent de la capacité de l’économie nationale à résister aux chocs liés au conflit au Moyen-Orient. Néanmoins, une hausse de l’indicateur renforcerait la livre sterling.

24 avril

24 avril, 02:30 / Japon / Headline CPI (glissement annuel) pour mars / préc.: 1,5 % / réel: 1,3 % / prévision: 1,5 % / USD/JPY – en baisse

L’inflation globale annuelle du Japon a ralenti à 1,3 % en février 2026, son niveau le plus faible depuis le printemps 2022. Les pressions désinflationnistes ont été alimentées par la baisse des prix du riz et les subventions publiques pour :

l’électricité (-8,0 %) le gaz (-5,1 %)

Parallèlement, l’inflation dans les communications (6,8 %) et les biens ménagers (1,2 %) s’est accélérée.

En rythme mensuel, l’indice des prix à la consommation a reculé pour le troisième mois consécutif. Même si l’inflation est ressortie en deçà des prévisions, le statut de valeur refuge du yen dans le contexte de la guerre soutient la devise japonaise.

24 avril, 02:30 / Japon / Core CPI (glissement annuel) pour mars / préc.: 2,0 % / réel: 1,6 % / prévision: 1,8 % / USD/JPY – en baisse

Le Core CPI du Japon (hors produits frais) a ralenti à 1,6 % en février, sa plus faible progression en quatre ans. L’indicateur est passé sous l’objectif de 2 % de la Bank of Japan pour la première fois depuis mars 2022. Malgré ce ralentissement — en partie dû aux mesures gouvernementales visant à stabiliser le coût de la vie — la BoJ maintient son taux directeur à 0,75 % et indique qu’elle pourrait resserrer sa politique si le ralentissement économique provoqué par le conflit avec l’Iran s’avère temporaire. Les marchés intègrent le risque d’un nouveau regain d’inflation en mars en raison de la hausse des prix du pétrole, ce qui soutient le yen.

24 avril, 09:00 / Royaume-Uni / Ventes au détail (glissement annuel) pour mars / préc.: 4,8 % / réel: 2,5 % / prévision: 1,3 % / GBP/USD – en baisse

Les ventes au détail au Royaume-Uni ont augmenté de 2,5 % sur un an en février 2026. Bien que le résultat ait dépassé le consensus (2,1 %), il marque un net ralentissement par rapport au plus haut de quatre ans atteint en janvier (4,8 %). La croissance actuelle demeure supérieure à la moyenne de long terme (1,90 %), mais la tendance baissière d’un mois sur l’autre indique un refroidissement de l’activité des consommateurs sous la pression de l’inflation. Cette perte significative de dynamisme des ventes pèse sur la livre.

24 avril, 11:00 / Allemagne / Indice Ifo du climat des affaires pour avril (avance) / préc.: 88,4 / réel: 86,4 / prévision: 85,5 / EUR/USD – en baisse

Le climat des affaires en Allemagne s’est dégradé à 86,4 en mars 2026, son plus bas niveau en 13 mois. La forte escalade au Moyen-Orient a pesé sur les anticipations des entreprises, qui ont chuté de 90,2 à 86,0. Les conditions actuelles restent à 86,7. Le sentiment négatif s’est propagé aux principaux secteurs :

industrie construction commerce services

Le président de l’Ifo, Clemens Fuest, a déclaré que la guerre avec l’Iran avait en pratique « gelé » les espoirs de reprise économique et déclenché une flambée de l’incertitude. Si l’indice d’avril tombe au niveau prévu de 85,5, l’euro s’affaiblira.

24 avril, 15:30 / Canada / Ventes au détail (glissement mensuel) pour février / préc.: -0,1 % / réel: 1,5 % / prévision: 1,3 % / USD/CAD – en hausse

L’activité de consommation au Canada a montré des signes de reprise en janvier 2026 : les ventes au détail ont augmenté de 1,5 % sur un an après un léger recul le mois précédent. La croissance reste nettement inférieure à la moyenne de long terme (4,63 %), ce qui reflète la prudence des ménages. Les marchés suivent de près la dynamique des ventes comme indicateur de la résistance de la demande intérieure. Si les données de mars confirment la croissance prévue de 1,3 %, dans un contexte d’incertitude mondiale, cela pourrait affaiblir le dollar canadien.

4 avril, 17:00 / USA / University of Michigan Consumer Sentiment (avance) pour avril / préc.: 56,6 / réel: 53,3 / prévision: 47,6 / USDX (indice USD à 6 devises) – en baisse

Le sentiment des consommateurs début avril 2026 a chuté de 11 % pour atteindre un plus bas historique de 47,6. L’enquête a mis en évidence un pessimisme généralisé : 98 % des répondants, interrogés avant l’annonce du cessez-le-feu temporaire, ont attribué leurs craintes à :

le conflit avec l’Iran la hausse des prix la dépréciation des actifs Les anticipations d’activité des entreprises à un an se sont effondrées de 20 %, et la volonté d’acheter des voitures et des logements a atteint des niveaux critiques. Un tel effondrement de la confiance des consommateurs a tendance à affaiblir le dollar américain.

24 avril, 17:00 / USA / University of Michigan Inflation Expectations (avance) pour avril / préc.: 3,4 % / réel: 3,8 % / prévision: 4,8 % / USDX (indice USD à 6 devises) – en hausse Les anticipations d’inflation à un an en avril 2026 ont bondi à 4,8 %, soit la plus forte hausse mensuelle en un an. Les anticipations à cinq ans ont également atteint un plus haut de cinq mois, à 3,4 %. Cette hausse est directement liée au choc énergétique et à l’instabilité de l’offre. Ces données constituent un signal d’alerte pour la Fed : si les anticipations restent élevées, il pourrait être nécessaire de maintenir une politique restrictive plus longtemps. Si l’anticipation de 4,8 % est confirmée dans l’estimation finale, le dollar se renforcera.

23 avril, 18:00 / Zone euro / Discours de Joachim Nagel (Conseil des gouverneurs de la BCE) / EUR/USD 24 avril, 11:00 / Zone euro / Discours de Martin Schlegel (Swiss National Bank) / USD/CHF, EUR/USD

Des interventions de hauts responsables des banques centrales sont également prévues cette semaine. Leurs déclarations provoquent généralement de la volatilité sur le marché des changes, car elles peuvent signaler leurs intentions de politique monétaire futures.