La crise pétrolière n’est pas aussi inquiétante que ses conséquences, qui se font déjà sentir si l’on en juge par la dynamique des indices des directeurs d’achats. La situation est plus mauvaise dans la zone euro, où l’activité des entreprises est passée en avril sous le seuil critique de 50. Cela signale un ralentissement de la croissance économique. Le secteur des services a été le plus en difficulté, tandis que le secteur manufacturier a résisté. Une situation similaire a été observée en Allemagne. L’EUR/USD a reculé, mais un effondrement est encore loin.
Dynamique de l’activité des entreprises en EuropeLe principal impact du blocus du détroit d’Ormuz s’est abattu sur l’Europe. Pendant ce temps, des entreprises du Japon à l’Australie se sentent plus résilientes. Selon DZ Bank, les dommages économiques subis par le bloc monétaire sont déjà considérables. Il reste à voir jusqu’où la situation peut encore se détériorer. La réponse à cette question dépendra de la durée du blocus de cette artère pétrolière mondiale clé.
À l’heure actuelle, rien ne permet d’envisager une reprise complète du trafic. Les États-Unis ont décidé d’instaurer un cessez-le-feu illimité et attendent des propositions de l’Iran pour résoudre le conflit. L’Iran continue de terroriser les pétroliers étrangers et se dit indigné lorsque les Américains adoptent le même comportement à l’égard des navires de Téhéran. Une telle agressivité entre les deux camps pourrait, à terme, déboucher sur une escalade et une hausse de la demande de dollar en tant qu’actif refuge.
Cependant, les marchés restent optimistes. Plus personne ne bombarde l’Iran. Les prix du pétrole sont loin de leurs records, et il n’y a aucune odeur de récession dans l’économie mondiale. Tout va bien, Madame la marquise ? Pourquoi vendre l’EUR/USD si le pic de l’escalade du conflit géopolitique au Moyen-Orient est déjà passé ?
Vrai ou non, les opposants tenteront d’y répondre. La Maison-Blanche attend des propositions de Téhéran, mais elles ne viennent pas. Les tentatives des Américains de priver l’Iran de ses revenus pétroliers et gaziers paraissent, pour le dire gentiment, naïves. C’est un processus de long terme, qui demande du temps. Donald Trump a décidé qu’il disposait de ce temps.
En réalité, plus le détroit d’Ormuz restera bloqué, plus les prix du pétrole grimperont. Plus la situation se dégradera pour la zone euro et pour l’euro. En fin de compte, le principe de l’analyse fondamentale – « économie forte égale monnaie forte » – reste valable. La zone euro apparaît nettement affaiblie, tandis que les États-Unis profitent d’exportations record de pétrole et de produits pétroliers.
Dans de telles conditions, le thème de l’exceptionnalisme américain, qui a dominé en 2022‑2023, pourrait faire son retour sur les marchés financiers. Lorsque la Bourse et l’économie américaine devancent le reste du monde. Les autres ne peuvent que se lamenter et imiter. Et cela se termine généralement mal.
D’un point de vue technique, le graphique journalier de l’EUR/USD montre une poursuite du repli en direction de la tendance haussière, en ligne avec la juste valeur à 1,1535. Si les « bears » trouvent la force d’atteindre ce niveau, un changement de tendance pourra alors être envisagé. Pour l’instant, il convient de chercher des opportunités pour renforcer les positions vendeuses sur l’euro face au dollar américain qui ont été ouvertes à 1,1760.