Mercredi, l’or (XAU/USD) évolue en légère baisse, tout en tentant de se maintenir au-dessus du seuil psychologique de 4 700 USD, sans pour autant montrer une nette domination des vendeurs. Les données sur l’inflation américaine publiées mardi ont dépassé les attentes du marché et ont renforcé la confiance des investisseurs dans la poursuite du resserrement monétaire par la Federal Reserve. Parallèlement, les tensions géopolitiques persistantes ont contribué au renforcement du dollar américain, qui a atteint son plus haut niveau en plus d’une semaine, exerçant une pression sur les prix des métaux précieux pour la deuxième journée consécutive.
Les acteurs du marché ont réagi rapidement : la probabilité d’une hausse des taux d’intérêt d’ici la fin de l’année est désormais estimée à environ 35 %. Une pression supplémentaire provient des anticipations d’une nouvelle progression de l’inflation dans un contexte de prix élevés du pétrole, eux-mêmes soutenus par les relations tendues entre les États-Unis et l’Iran. Cela s’est traduit par une hausse des rendements des Treasuries américains : les rendements des obligations à 30 ans ont brièvement atteint le seuil de 5,0 %, se rapprochant de leurs sommets annuels, tandis que les rendements des Treasuries à deux ans, plus sensibles aux variations de taux, restent proches de 4 %. Cette configuration renforce le dollar américain tout en réduisant l’attrait de l’or en tant qu’actif sans rendement.
Dans ce contexte, les perspectives d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran se sont encore détériorées après que le président Donald Trump a déclaré que le cessez-le-feu demeurait extrêmement instable et « tient littéralement à un fil ». L’Iran a, de son côté, rejeté la proposition américaine de règlement du conflit, qui se prolonge désormais depuis plus de deux mois sur fond de désaccords concernant le programme nucléaire et le bras de fer stratégique autour du détroit d’Hormuz. Les tensions géopolitiques persistantes consolident le statut du dollar en tant que principale monnaie de réserve mondiale et accentuent la pression à court terme sur les prix des métaux précieux. Dans le même temps, l’absence de ventes agressives de suivi invite à la prudence avant l’ouverture de nouvelles positions vendeuses après la correction consécutive au plus haut de trois semaines enregistré mardi.
Les opérateurs de marché semblent adopter une attitude attentiste à l’approche des discussions de deux jours entre le président américain Donald Trump et le président chinois Xi Jinping. Aujourd’hui, afin d’identifier de meilleures opportunités de trading, l’attention devrait se concentrer sur la publication de l’indice des prix à la production (PPI) américain ainsi que sur l’évolution du contexte géopolitique, ces deux facteurs étant susceptibles de déterminer l’orientation à court terme du dollar et des cours de l’or.
D’un point de vue technique, le repli d’hier depuis la zone 4 765–4 770 USD s’est arrêté au niveau psychologique de 4 700 USD, qui coïncide avec la moyenne mobile simple à 20 jours (SMA 20) et joue actuellement le rôle de support immédiat. Cela témoigne de la persistance d’un intérêt acheteur sur les replis malgré la phase de consolidation en cours. Les oscillateurs envoient des signaux mitigés : le RSI (Relative Strength Index) est neutre, ce qui indique un équilibre des forces entre acheteurs et vendeurs. L’histogramme du MACD se rapproche également de la zone neutre. Cette configuration traduit davantage une stabilisation du momentum qu’une tendance durable bien établie. Dans ce contexte, il serait judicieux d’attendre une confirmation sous la forme d’achats plus actifs et d’une cassure franche au-dessus de la résistance à 4 770 USD avant d’envisager la poursuite du scénario haussier. À l’inverse, les traders devraient attendre une rupture sous la SMA 20 jours avant d’envisager de vendre l’or.