Des perspectives haussières sur le pétrole, une stabilisation du marché du travail et une reprise de l’inflation américaine — que faudrait-il de plus pour renforcer le billet vert ? Le dollar américain devrait bénéficier d’une forte demande en tant qu’actif refuge en raison du conflit au Moyen-Orient. En effet, les États-Unis sont exportateurs nets de produits énergétiques. La solidité de l’économie américaine permet à la Federal Reserve d’envisager de nouvelles hausses de taux. Pourtant, l’EUR/USD ne se précipite pas à la baisse. Pourquoi ?
Bank of America estime que la probabilité d’un durcissement de la politique monétaire par la Fed est sous-évaluée. Le marché à terme intègre actuellement une probabilité de 35 % de relèvement du taux des federal funds en 2026. Les marchés dérivés anticipent que cela ne se produira pas avant mars de l’année prochaine. Les investisseurs intègrent le facteur Kevin Warsh ainsi que l’avis de certains membres du FOMC selon lequel la politique monétaire freine déjà la croissance économique. La Federal Reserve s’inquiète également du conflit armé latent au Moyen-Orient.
Dynamiques de l’emploi, des rendements des Treasuries et du taux des federal funds
Bank of America est convaincue que les marchés se trompent. Certes, Kevin Warsh a été nommé par Donald Trump, qui n’a jamais caché son souhait de voir des taux plus bas. Si leurs points de vue avaient divergé, le président aurait probablement choisi quelqu’un d’autre. Mais une seule personne ne peut pas tout changer. Même si un nouveau président de la Fed plaidait pour une politique monétaire plus accommodante, les autres membres du FOMC seraient peu enclins à le suivre. Le facteur Warsh ne l’emportera pas.
Les conditions financières et économiques ne laissent pas penser que la politique monétaire freine la croissance du PIB. Au premier trimestre, le PIB réel a progressé de 2 %, l’emploi a augmenté d’au moins 100 000 postes lors de trois des quatre derniers mois, et les prix à la consommation ont accéléré pour atteindre un plus haut de trois ans. Ajoutez à cela les indices boursiers qui enchaînent les records, et il apparaît clairement que l’économie américaine est en bonne santé. Elle peut supporter des taux plus élevés.
Enfin, malgré le conflit au Moyen-Orient et la hausse corrélative des prix de l’essence, la consommation des ménages américains est restée stable. La Fed n’a pas besoin de se montrer excessivement inquiète de la géopolitique tant que la demande intérieure reste solide.
Prévisions de la BCE pour l’économie et l’inflation
L’économie de la zone euro apparaît bien plus faible que celle des États-Unis. Le taux de chômage de la France est monté à 8,1 %, son plus haut niveau en cinq ans, faisant écho aux déclarations du membre du Conseil des gouverneurs Olli Rehn sur les premiers signes d’un choc stagflationniste.
Dans ces conditions, il sera extrêmement difficile pour la BCE de durcir sa politique. Les prévisions du marché à terme tablant sur 2 à 3 relèvements du taux de dépôt pourraient s’avérer incorrectes.
Techniquement, sur le graphique quotidien, l’EUR/USD évolue de la borne supérieure vers la borne inférieure de la fourchette de juste valeur de 1,169–1,178. Il est judicieux de conserver les positions vendeuses ouvertes à partir de 1,178 et de les renforcer si la monnaie unique s’installe sous les supports à 1,170 et 1,168.