La BCE se prépare à relever ses taux : le marché anticipe une action décisive mais redoute l’incertitude

Jeudi, la Banque centrale européenne tiendra une nouvelle réunion de politique monétaire. Le marché s’attend presque unanimement à une hausse de 25 points de base des taux d’intérêt. Les déclarations récentes des membres du Conseil des gouverneurs laissent entrevoir un net durcissement du ton. Si l’économie de la zone euro ne montre pas de signes clairs de ralentissement, le taux directeur de la BCE pourrait atteindre 3 % d’ici la fin de l’année.

Une attention particulière sera portée à la conférence de presse de la présidente de la BCE, Christine Lagarde. Les investisseurs analyseront ses propos de très près, car l’ordre du jour inclut la question de la disposition de la BCE à procéder à de nouvelles hausses de taux lors de la prochaine réunion en juillet. Dans la mesure où la hausse de juin est déjà intégrée dans les cours actuels et ne devrait guère les influencer de manière significative, un signal de durcissement de la politique en juillet pourrait renforcer l’euro. Actuellement, le marché évalue la probabilité d’un tel scénario à environ 30 %.

La confiance du marché dans la hausse des taux s’est établie dès le mois d’avril, sur fond de risques d’accélération de l’inflation. Il apparaît désormais clairement que la hausse des prix de l’énergie devient persistante et prolongée, ce qui affecte inévitablement l’inflation globale.

Le principal problème demeure l’incertitude entourant les perspectives économiques. L’indice PMI composite se situe en dessous de la zone de croissance, principalement en raison de la faiblesse du secteur des services. Le secteur manufacturier reste au-dessus du seuil des 50 points, essentiellement grâce à l’exécution des commandes accumulées avant le début du conflit. Toutefois, la baisse des nouvelles commandes et la réduction de l’emploi signalent une détérioration des conditions sous-jacentes.

La hausse des prix de l’énergie réduit le revenu réel des ménages et freine la demande des consommateurs. Par conséquent, une nouvelle baisse de l’indice PMI manufacturier dans les mois à venir est presque inévitable, ce qui, à son tour, ralentira la croissance du PIB. On observe également un recul net de la demande de main-d’œuvre, reflété par le ralentissement de la progression moyenne des salaires.

La position nette longue en euros a augmenté de 2,8 milliards de dollars sur la semaine de référence, et le prix calculé tente de se stabiliser au-dessus de la moyenne de long terme.

La paire EUR/USD a testé avec succès le niveau de support à 1,1575, qui était considéré comme l’objectif le plus proche une semaine plus tôt ; ce mouvement a été déclenché par un solide rapport sur l’emploi aux États-Unis. La hausse des taux attendue de la part de la BCE et la rhétorique assurée des membres du Conseil des gouverneurs peuvent soutenir l’euro à court terme et provoquer un rebond « haussier ». Toutefois, la probabilité à long terme d’un retournement de tendance en faveur d’une hausse demeure faible.

Toute progression significative sera limitée par la zone de résistance de 1,1670/90, où une reprise des ventes est probable. Un repli sous 1,1500 est peu probable, au moins jusqu’à l’annonce des résultats de la réunion de la BCE. Cependant, si les données sur l’inflation aux États-Unis mercredi font apparaître une hausse marquée des prix, le dollar gagnera un nouvel élan haussier et la paire EUR/USD reviendra rapidement sur une trajectoire baissière.