La croissance du PIB réel au premier trimestre a été légèrement révisée à la baisse à +0,5 % t/t et +1,8 % a/a, contre une estimation initiale de +0,5 % et +2,1 %. Le premier trimestre ne reflétait que partiellement le début de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, mais à ce stade, il ne semble pas y avoir de menace directe de fort ralentissement lié à des perturbations des chaînes d’approvisionnement en énergie. Le deuxième trimestre devrait être davantage affecté par ce facteur, mais les estimations actuelles restent relativement optimistes, car les tensions géopolitiques devraient s’atténuer et les prix du pétrole sont attendus en baisse progressive.
Le soutien à une hausse de taux gagne déjà du terrain parmi les membres du Conseil de politique monétaire, et il semble désormais probable que le pouvoir exécutif appuiera lui aussi une augmentation. Concernant la position de l’administration Takaichi, qui est vraisemblablement le principal obstacle à une décision finale sur une hausse de taux, Jiji Press a rapporté que le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a conseillé au Premier ministre Takaichi, lors d’une rencontre, de ne pas s’opposer à une hausse des taux de la Bank of Japan. Il est donc raisonnable de conclure qu’il est désormais plus probable que le gouvernement accepte — ou ait déjà accepté — une hausse de taux.
Les principaux risques à l’approche de la réunion incluent des événements susceptibles de compliquer une décision de hausse de taux. Il s’agit notamment de graves perturbations des chaînes d’approvisionnement causées par une nouvelle escalade des tensions au Moyen-Orient. Toutefois, une telle détérioration des conditions semble peu probable dans les prochains jours.
Les analystes de Mizuho Bank prévoient que la Bank of Japan relèvera ses taux environ une fois tous les six mois. Le taux directeur devrait atteindre 1,25 % d’ici décembre 2026 et 1,50 % d’ici juin 2027 (taux terminal). Parallèlement aux hausses de taux, il est également probable que la Bank of Japan ralentisse le rythme du resserrement quantitatif.
La position nette vendeuse sur le yen a augmenté de 1,13 milliard sur la semaine de référence, pour atteindre -10,13 milliards. Les positions vendeuses ont dépassé le précédent pic de 2007 et ont atteint un nouveau record historique. L’estimation de la juste valeur tente de passer sous la moyenne de long terme.
L’USD/JPY s’est rapproché du sommet du 30 avril, après lequel une intervention de change de grande ampleur avait eu lieu. La situation actuelle est similaire ; cependant, si la Bank of Japan procède à une hausse de taux, une nouvelle intervention pourrait ne pas être nécessaire. Les autorités japonaises envisagent peut-être un scénario comparable et pourraient conserver l’option d’intervenir ultérieurement si le yen ne se stabilise pas. Sur le plan fondamental, le yen reste faible et un mouvement vers 162 demeure envisageable. Toutefois, une plus grande confiance dans une hausse de taux pourrait soutenir des positions baissières sur l’USD/JPY et permettre au yen de regagner quelques figures.