L’or se redresse légèrement

Malgré le modeste rebond d’hier, les plus grandes banques de Wall Street abaissent simultanément leurs prévisions sur l’or. UBS s’attend à une baisse des prix vers 4 000–3 850 $ l’once dans les prochains mois, et Citi a réduit hier son objectif à trois mois à 4 000 $, contre 4 300 $ précédemment. Le consensus se concentre autour d’un seul niveau — et cela en dit long.

La logique derrière le pessimisme à court terme est claire. Si un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran est signé dans les prochains jours — et Trump l’a lui‑même évoqué — le pétrole baissera, les anticipations d’inflation se détendront, et les paris sur de nouvelles hausses de taux de la Fed seront repoussés plus loin dans le temps. Tout cela réduit la pression sur l’or, mais le métal se traite déjà sous sa moyenne mobile à 200 jours, ce qui déclenche des ventes algorithmiques — le facteur technique venant amplifier le facteur fondamental.

UBS reste toutefois haussier à un horizon d’un an — une différence fondamentale avec la vision à court terme. La thèse de long terme repose sur trois piliers : des baisses de taux de la Fed au second semestre à mesure que les pressions inflationnistes s’atténuent, l’affaiblissement qui en découlerait du dollar, et la poursuite des achats par les banques centrales mondiales. Ce dernier facteur est peut-être le plus durable : la Banque populaire de Chine augmente ses réserves d’or depuis 19 mois consécutifs, et cette demande structurelle ne disparaîtra pas avec les changements de contexte géopolitique.

Point important, la divergence entre les vues de court et de long terme des grandes banques constitue un signal pour les traders quant à la nature du mouvement à venir. Un repli vers 4 000–3 850 $ est tout à fait possible en l’absence d’accord de paix avec l’Iran, mais il créerait un point d’entrée pour ceux qui misent sur le scénario de plus long terme d’assouplissement monétaire et de diversification des réserves par les banques centrales.

En ce qui concerne la configuration technique actuelle de l’or, les acheteurs doivent franchir une résistance de court terme à 4 249 $. Cela ouvrirait la voie à un objectif à 4 304 $, au-dessus duquel une nouvelle accélération haussière serait plutôt difficile. L’objectif final se situe autour de 4 372 $. En cas de repli de l’or, les vendeurs tenteront de prendre le contrôle à 4 186 $. S’ils y parviennent, une cassure de cette zone porterait un coup sévère aux positions haussières et pourrait pousser l’or vers 4 124 $, avec un potentiel de baisse jusqu’à 4 062 $.