Le marché est stimulé par Micron

Ce qui avait gâché la journée a été corrigé le soir — à Wall Street, le proverbe s’est vérifié à l’envers. Le S&P 500 a terminé en baisse pour la troisième séance consécutive, testant sa moyenne mobile à 50 jours, tandis que le Nasdaq 100 et le Dow Jones ont en réalité clôturé en territoire positif. Le marché était divisé en interne : la vague de ventes sur les fabricants de puces et d’autres valeurs technologiques ayant connu une envolée extrême a pesé plus lourd que l’espoir qu’une baisse du pétrole allège la pression sur la Fed.

Les rendements des Treasuries ont suivi la baisse du Brent, apaisant les craintes d’inflation. Mais le véritable stimulant est arrivé après la clôture. Micron Technology a publié un chiffre d’affaires d’environ 50 milliards de dollars, bien au‑dessus du consensus de Wall Street à 43,2 milliards de dollars. Cette surprise a souligné que l’intérêt pour la technologie ne s’est pas essoufflé et que la thématique liée à l’IA reste intacte.

Les investisseurs doivent‑ils paniquer face au repli des leaders de la croissance ? Probablement pas. Le recul de la tech ressemblait davantage à une rotation et à des prises de bénéfices qu’à un signal structurellement inquiétant. Lorsque les cours grimpent trop vite, une correction devient presque inévitable.

Dynamique du S&P 500 et prévisions de JP Morgan

La plupart de Wall Street reste positive. JPMorgan a relevé son objectif de fin d’année pour le S&P 500 de 7 600 à 7 800. La banque anticipe toutefois une progression irrégulière : la solidité des résultats du deuxième trimestre a déjà relevé la barre avant la prochaine saison de publications. La croissance bénéficiaire anticipée pour les entreprises du S&P 500 a été révisée à la hausse, à environ 20 % sur les deux prochaines années — une révision positive rare de 10 points de pourcentage pour 2026–2027, généralement observée seulement après de grands chocs ou des phases de reprise (par exemple après l’éclatement de la bulle Internet en 2001, ou après la pandémie en 2020).

Le S&P 500 a également été soutenu par une baisse des anticipations de durcissement de la Fed. La probabilité attribuée à une hausse du taux des fed funds en septembre est revenue d’environ 71 % à un niveau plus modeste de 65 %. Le marché à terme doute désormais de la probabilité de deux relèvements de taux comme précédemment intégrés dans les cours, dans le sillage de la baisse du Brent et du repli corrélatif des rendements des Treasuries et des anticipations d’inflation.

Quelle force l’emportera : le vent arrière lié à la baisse du pétrole ou le vent contraire des valorisations surchauffées dans la tech ? Si l’impulsion désinflationniste du pétrole domine, le S&P 500 renouera avec ses records historiques. Si la pression liée aux valorisations prend le dessus, le marché devra compter sur des soutiens ponctuels en fin de séance venant d’émetteurs individuels.

D’un point de vue technique, le graphique journalier montre que le S&P 500 est en train de compléter une figure de retournement 1–2–3. Une clôture durable sous les moyennes mobiles serait un signe préoccupant, tout comme la formation d’une barre avec une longue mèche basse (pin bar). Une baisse sous le plus bas de l’indice à 7 335 déclencherait un mouvement correctif et offrirait une opportunité d’augmenter des positions vendeuses déjà établies.