La paire GBP/USD a enregistré une progression assez solide, qui pourrait marquer le début d’une tendance haussière. À mon sens, le rallye du dollar américain entre le 17 et le 24 juin était en décalage avec le contexte fondamental sous-jacent. À cette période, le conflit géopolitique au Moyen-Orient était déjà suspendu, alors même qu’il avait été le principal moteur de la force du dollar tout au long de 2026. Voir ainsi le billet vert monter d’abord à cause de la guerre, puis continuer de progresser une fois les combats interrompus était, pour le moins, inhabituel.
Le dollar américain ne s’est pas non plus renforcé la semaine dernière, malgré deux nouvelles escalades au Moyen-Orient et la suspension des négociations. Donald Trump a déjà révoqué l’autorisation permettant à l’Iran de vendre du pétrole dans le cadre de l’accord de paix, tandis que l’Iran a de nouveau fermé le détroit d’Ormuz. De fait, le cessez-le-feu et les pourparlers ont pris fin. Pour l’instant, les traders ne croient pas que le conflit dégénérera en guerre à grande échelle, car des situations similaires se sont produites plusieurs fois par le passé, les deux camps finissant par revenir à la table des négociations. À mon avis, l’absence de réaction marquée du marché face à ce regain de tensions géopolitiques est justifiée.
Il convient également de noter que le marché s’attendait initialement à une accélération de l’inflation américaine en l’absence d’intervention du FOMC. Ces craintes se sont ensuite dissipées à mesure que le prix du pétrole reculait vers 70 $ le baril. La semaine dernière, toutefois, le baril est remonté à 80 $, et les conséquences de la nouvelle escalade au Moyen-Orient et du blocus du détroit d’Ormuz pourraient déclencher une nouvelle flambée des cours du brut. Si les événements évoluent selon le scénario le plus pessimiste, le pétrole pourrait rapidement revenir dans la zone des 100–120 $. Dans ce cas, les espoirs de ralentissement de l’inflation, aux États-Unis comme dans la zone euro, disparaîtraient rapidement, obligeant le marché à revoir ses anticipations quant à la future politique monétaire de la Federal Reserve et de la European Central Bank.
L’analyse technique laissait entrevoir un potentiel de hausse vers le niveau de 1,3322, et c’est exactement ce qui s’est produit. Le prix a d’abord balayé la liquidité sous le plus bas du 6 avril, puis sous le plus bas du 31 mars. Il existait donc de solides raisons techniques d’anticiper une poursuite du renforcement de la livre. Étant donné que le dollar manque toujours de catalyseurs convaincants pour un mouvement haussier durable à long terme et qu’il a déjà connu un rallye impressionnant en 2026, je pense que la marge de manœuvre des vendeurs est limitée.
En outre, un déséquilibre haussier 23 s’est formé la semaine dernière, et le marché y a déjà réagi à deux reprises. Quant au déséquilibre baissier 21, il a été invalidé. Dès lors, j’anticipe soit une poursuite de la progression de la livre, soit l’apparition de nouveaux signaux haussiers suivis d’un nouveau mouvement à la hausse après un repli correctif.
À l’heure actuelle, le marché reste très prudent vis-à-vis de l’accord entre l’Iran et les États-Unis, et les derniers développements montrent que cette prudence est largement justifiée. Les incidents près du détroit d’Ormuz continuent de se produire régulièrement malgré le mémorandum signé il y a plusieurs semaines. Bien que la Federal Reserve ait contribué au récent rallye du dollar, je ne vois toujours pas ce qui permettrait aux vendeurs de maintenir une pression baissière durable sur la livre. Les anticipations d’un nouveau resserrement du FOMC peuvent-elles vraiment suffire à elles seules ?
Aucune publication macroéconomique notable n’est venue ponctuer la séance de lundi, laissant aux traders pratiquement rien à analyser. Par conséquent, l’analyse technique devrait rester le principal moteur du marché à court terme.
Le contexte fondamental plus large m’amène toujours à n’anticiper rien d’autre qu’un affaiblissement de long terme du dollar américain. Ni le conflit entre l’Iran et les États-Unis ni la perspective de nouvelles hausses de taux de la Federal Reserve en 2026 n’ont modifié ce point de vue. Les tensions géopolitiques ont temporairement rappelé au marché le statut de valeur refuge du dollar, mais le conflit est soit terminé, soit au moins en passe de se conclure.
La Federal Reserve a l’intention de relever ses taux d’intérêt en 2026, ce qui soutient sans aucun doute le dollar. Cependant, un resserrement monétaire plus marqué ralentira également l’économie américaine et affaiblira le marché du travail. De plus, Kevin Warsh a été nommé par Donald Trump à la tête du FOMC précisément parce qu’on s’attendait à ce qu’il adopte une politique plus accommodante que Jerome Powell. Je considère donc que tout futur resserrement de la Fed ne devrait pas se transformer en cycle prolongé de hausse des taux. Par conséquent, à mon avis, toute appréciation du dollar américain a davantage de chances d’être temporaire que durable.
Calendrier économique des États-Unis et du Royaume-UniÉtats-Unis : ADP Employment Change (hebdomadaire) (12:15 UTC)États-Unis : Consumer Price Index (CPI) (12:30 UTC)États-Unis : discours du président de la Federal Reserve, Kevin Warsh (14:00 UTC)Le calendrier économique du 14 juillet comprend trois événements programmés, dont deux sont considérés comme importants. Par conséquent, l’évolution macroéconomique devrait influencer le sentiment de marché durant la seconde moitié de la séance de trading de mardi.
Prévisions et perspectives de trading sur GBP/USDLa perspective de long terme pour la livre reste haussière. Après les balayages de liquidité sous les deux derniers creux significatifs, les acheteurs ont l’occasion de reprendre le contrôle du marché.
La livre sterling pourrait encore reprendre sa baisse en direction du niveau d’invalidation de la tendance haussière à 1,3007, mais cela nécessiterait de nouveaux signaux baissiers. Puisque le déséquilibre baissier 21 a déjà été invalidé, cette source de confirmation baissière n’est plus disponible.
Le scénario haussier est étayé par les deux balayages de liquidité ainsi que par le déséquilibre haussier 23. Le marché a déjà réagi au déséquilibre 23, et les prochaines cibles haussières pour la livre sont les sommets du 1er mai et du 27 janvier, situés respectivement à 1,3656 et 1,3867.