30 millions de dollars pour un superpétrolier : comment Trump a monétisé le blocus du détroit d’Ormuz

Le Brent a déjà augmenté de 2,8 % aujourd’hui, dépassant 85 $ le baril pour la première fois en un mois, après une hausse de près de 10 % la veille. Le WTI se négociait autour de 80 $. Le gaz naturel européen a bondi de 3,3 %, atteignant son plus haut niveau en plus de trois mois. Ainsi, le pétrole est revenu à un plus haut mensuel, réduisant la baisse trimestrielle précédente d’environ 30 %.

La cause de cette hausse a été la décision du président Trump de rétablir le blocus des navires iraniens traversant le détroit d’Hormuz et d’exiger un paiement pour toutes les autres cargaisons. Cela implique une compensation de 20 % du coût de la cargaison, soit environ 30 millions de dollars pour un superpétrolier de pétrole entièrement chargé. Cette décision est intervenue après que les forces armées américaines ont mené une nouvelle série de frappes contre l’Iran, qui, selon les informations disponibles, pourraient se poursuivre encore plusieurs jours. Le United Maritime Information Center a indiqué que le U.S. Central Command commencerait à bloquer tous les ports et zones côtières iraniennes mardi à 16 h, heure de New York.

Et même si l’Iran est parvenu à exporter au moins 57 millions de barils de pétrole durant la courte période comprise entre deux blocus navals américains, l’ensemble de ces événements montre à quel point les enjeux sont élevés pour le marché pétrolier mondial maintenant que les restrictions sont rétablies. D’après les données de suivi des navires, au cours de la dernière semaine, six superpétroliers sanctionnés par les États‑Unis ont franchi le détroit d’Oman pour entrer dans le golfe d’Oman avec leurs transpondeurs éteints, opérant de fait dans l’ombre.

Trump a présenté une nouvelle logique financière pour l’ensemble de l’opération de protection du détroit. Il a déclaré que les États‑Unis recevraient une compensation de la part des pays dont ils contribuent à protéger le trafic maritime, citant l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn et le Koweït. Il s’agit d’un élément fondamentalement nouveau dans le conflit, qui transforme la présence militaire américaine dans la région en une source directe de paiements provenant des alliés.

Le conflit continue de se développer simultanément sur plusieurs fronts. L’armée iranienne a frappé des cibles américaines au Koweït à l’aide de drones. Les Émirats arabes unis ont annoncé que deux de leurs pétroliers avaient été attaqués dans les eaux omanaises alors qu’ils empruntaient la route sud du détroit. Tout cela indique que le conflit montre des signes évidents d’extension bien au‑delà du détroit lui‑même.

Concernant la configuration technique actuelle du pétrole, les acheteurs doivent reprendre la résistance la plus proche à 81,38 $. Cela permettra de viser 86,70 $, au‑dessus de laquelle il sera assez difficile de percer. L’objectif le plus éloigné se situe autour de 92,54 $. En cas de repli du pétrole, les vendeurs tenteront de reprendre le contrôle à 78,70 $. S’ils y parviennent, une sortie de cette zone portera un sérieux coup aux positions des acheteurs et fera reculer le pétrole vers un plus bas à 76,30 $, avec la possibilité d’atteindre 73,80 $.