Le dollar s’est nettement affaibli après que le US Treasury a annoncé des mesures pour soutenir le marché des obligations d’État, que les marchés ont interprétées comme un signal de retour de l’appétit pour le risque. À partir du 9 septembre, le Treasury va doubler le volume de ses achats d’obligations d’État de plus longue maturité : le plafond pour les segments 10–20 ans et 20–30 ans passera de 2 milliards de dollars à 4 milliards de dollars par opération.
La mécanique de cette décision est simple et affecte plusieurs domaines à la fois. Le Treasury crée une demande supplémentaire pour les titres du Trésor américain, soutenant directement le marché des obligations d’État et faisant baisser les rendements. Des rendements plus faibles sur les titres à long terme assouplissent les conditions financières et réduisent la pression sur le marché actions, car des rendements élevés sur les Treasuries sont restés l’un des principaux facteurs négatifs pour les actions ces derniers jours.
Pour le dollar, tout cela est très négatif, même si le US Treasury a promis de mener l’opération non pas en augmentant la liquidité, mais en émettant davantage de bons du Trésor à court terme. Les implications pour les actifs risqués sont également claires. Des rendements plus bas signifient moins de concurrence pour le capital de la part des instruments sans risque, ce qui est positif pour l’euro, la livre et les autres actifs risqués. Un autre effet sera l’augmentation de la liquidité sur le marché des obligations d’État : le Treasury retire du marché des anciennes émissions moins liquides, allégeant ainsi le fardeau sur les bilans des intervenants.
C’est précisément l’ampleur et la nature de cette opération qui ont conduit les acteurs de marché à qualifier cette décision de « nouveau QE ». À strictement parler, il ne s’agit pas d’un quantitative easing au sens traditionnel, puisque les achats sont effectués par le Treasury et non par la Federal Reserve, et que l’opération ne consiste pas à créer de la nouvelle monnaie, mais à échanger un ensemble de titres contre un autre dans le cadre de la gestion de la dette. Néanmoins, l’effet sur les rendements et la liquidité est similaire, ce qui explique pourquoi la comparaison s’est imposée et exerce une forte pression sur le dollar américain.
La baisse des rendements des Treasuries américains réduit l’attrait en termes de taux d’intérêt des actifs libellés en dollars pour les investisseurs internationaux, ce qui contribue également à expliquer la forte chute de la devise. Un autre facteur pesant sur le dollar est la diminution des anticipations de hausse des taux par la Fed : après une série de statistiques économiques décevantes, les traders évaluent désormais la probabilité d’un resserrement en septembre à environ 30 %, contre 50 % il y a seulement deux semaines.
Concernant la configuration technique actuelle de l’EUR/USD, les acheteurs doivent désormais trouver le moyen de franchir le niveau de 1,1690. Ce n’est qu’alors qu’ils pourront viser un test de 1,1720. À partir de là, la paire pourrait se diriger vers 1,1745, même si y parvenir sans le soutien des grands intervenants de marché sera assez difficile. En cas de repli de l’instrument, je n’attendrais une réelle activité de la part des gros acheteurs qu’autour de 1,1660. En l’absence d’intérêt acheteur à ce niveau, il vaudrait mieux attendre un nouveau test du plus bas à 1,1638 ou envisager l’ouverture de positions longues à partir de 1,1615.
Pour ce qui est de la configuration technique actuelle du GBP/USD, les acheteurs de livre doivent franchir la résistance la plus proche à 1,3630. Ce n’est que cela qui leur permettrait de viser 1,3649, au‑dessus duquel une nouvelle percée serait assez difficile. L’objectif suivant, plus éloigné, se situe dans la zone de 1,3675. En cas de repli de la paire, les vendeurs tenteront de reprendre la main à 1,3590. En cas de succès, une cassure sous cette zone porterait un sérieux coup aux acheteurs et pousserait le GBP/USD vers le plus bas à 1,3570, avec un potentiel de baisse supplémentaire jusqu’à 1,3545.