Impression de déjà-vu de 2007 : à l’époque, les rendements des Treasuries avaient également bondi à l’approche d’une tempête que peu avaient anticipée. Aujourd’hui, le Treasury à 10 ans est revenu près de ce niveau. Même si ce parallèle est troublant, la raison de la correction est bien plus prosaïque que les dérivés hypothécaires : énergie, dette et inflation. L’EUR/USD a chuté à un creux d’un mois dans ce contexte.
Mardi, le rendement de référence mondial a gagné cinq points de base pour atteindre 5,04 % — au-dessus du pic de 2023 et proche du sommet de 2007. Le dernier mouvement de hausse a été déclenché par la progression des prix du pétrole, sur fond de risque croissant pour l’offre au Moyen-Orient.
Politique de la Fed et attentes du marché
La liquidation sur le marché obligataire fait monter les taux avant la décision de la Fed prévue mercredi : les investisseurs intègrent désormais, pour la première fois depuis juillet 2023, le début d’un cycle de resserrement. Si la Fed ne relève pas ses taux, ou si son président Kevin Warsh signale une trajectoire moins agressive que celle anticipée par le marché à terme, les détenteurs de Treasuries pourraient exiger des rendements encore plus élevés en compensation du risque d’inflation.
Il sera très difficile pour la Fed de maintenir ses taux inchangés cette semaine sans entamer la confiance dans sa lutte contre l’inflation. Le marché est vulnérable non seulement à une pause inattendue, mais aussi à un « relèvement accommodant » — un ton subtilement conciliant lors de la conférence de presse. La logique est simple : un seul mouvement de 25 pb a très peu d’effet sur l’économie et, compte tenu des longs délais de transmission de la politique monétaire, la Fed continue généralement de resserrer jusqu’à ce qu’un montant cumulatif significatif — 75 pb ou davantage — soit atteint.
Corrélation du dollar avec les rendements des Treasuries
Parallèlement, la corrélation sur 30 jours entre le dollar américain et les rendements à 10 ans a augmenté en septembre et a clôturé au-dessus de 0,40 — son plus haut niveau depuis plus de deux mois. Wells Fargo attribue en partie la vigueur du billet vert et le rally obligataire aux dépenses liées à l’IA. Les investisseurs étrangers convertissent leurs devises en dollars pour acheter des actions, tandis que les géants de la tech émettent de la dette pour financer leurs dépenses d’investissement dans l’IA — deux éléments qui contribuent à faire monter les rendements obligataires.
Dans le même temps, les opérateurs de marché sont de plus en plus en désaccord avec les banques centrales au sujet de l’évolution future des taux d’intérêt. Les produits dérivés intègrent désormais un peu plus de quatre hausses supplémentaires de la BCE et cinq de la Bank of England sur les 12 prochains mois, à mesure que les craintes d’inflation liées à l’énergie refont surface.
Le pétrole accentue le tableauLe pétrole ajoute un sentiment d’urgence. Le Brent a progressé pour la deuxième séance consécutive, repassant au-dessus de 107 $ et s’approchant en séance de 110 $ — un niveau qui n’avait plus été observé depuis mai. L’oléoduc Est–Ouest de l’Arabie saoudite, une voie de contournement pour les flux qui transiteraient autrement par le détroit d’Ormuz, reste fermé après les récentes attaques, et Aramco n’a fourni aucun calendrier de remise en service. Riyad compense en augmentant les expéditions maritimes.
Analyse technique sur l’EUR/USD
D’un point de vue technique, la paire EUR/USD est en train de finaliser une figure de cassure 1‑2‑3 sur le graphique journalier. Les ventes en direction des niveaux pivots à 1,15 $ et 1,147 $ restent pertinentes. Il est judicieux de conserver les positions vendeuses ouvertes depuis 1,164 $.