La paire EUR/USD n’est pas parvenue à prolonger son modeste rebond de vendredi depuis 1,1450 — le plus bas de septembre — et a entamé la nouvelle semaine par un léger repli. Actuellement, les cours au comptant évoluent autour de 1,1476 et paraissent vulnérables dans un contexte de montée des tensions géopolitiques.
Les autorités européennes ont exprimé leurs préoccupations et mis en garde contre de possibles actions de sabotage russes dans les prochains mois, impliquant des drones, des missiles et des cyberattaques visant les pays de l’OTAN soutenant l’Ukraine. Le dernier avertissement est venu du président français Emmanuel Macron, qui a déclaré que la menace hybride que représente la Russie pour l’Europe, et pour la France en particulier, est en hausse. Ces développements pèsent sur l’euro, tandis que l’escalade de la situation au Moyen-Orient soutient le dollar américain.
Parmi les derniers développements, il convient de souligner une déclaration des Houthis yéménites soutenus par l’Iran, selon laquelle ils ont attaqué samedi des installations critiques à Riyad, la capitale de l’Arabie saoudite, à l’aide de missiles et de drones. Un autre facteur important a été la déclaration de l’Iran énonçant sept conditions pour la reprise des négociations avec les États‑Unis. Cela maintient la prime de risque géopolitique à un niveau élevé et, conjugué à la position agressive de la Réserve fédérale américaine, soutient le dollar en tant qu’actif refuge et exerce une pression sur l’EUR/USD.
Il convient de rappeler qu’à sa réunion de septembre, tenue mercredi dernier, la banque centrale américaine a relevé ses taux d’intérêt pour la première fois depuis plus de trois ans. En outre, le « dot plot » a montré que les membres du comité anticipent une nouvelle hausse des taux cette année.
De son côté, la Banque centrale européenne a exprimé l’avis que les pressions sur les prix pourraient durer plus longtemps que prévu. Cela renforce les anticipations d’un durcissement de la politique monétaire en octobre et apporte un soutien à l’EUR/USD.
Aujourd’hui, lundi, une intervention de la présidente de la BCE, Christine Lagarde, est prévue, et ses propos pourraient avoir un impact significatif sur l’évolution de l’euro. Néanmoins, l’attention principale doit rester centrée sur les développements géopolitiques. Combinés à la réunion importante entre le président américain Donald Trump et le président chinois Xi Jinping prévue jeudi, ces événements pourraient influer sur l’appétit des investisseurs pour les actifs risqués. Cela pourrait, à son tour, avoir une incidence sur le dollar américain et la dynamique à court terme de l’EUR/USD.
Sur le plan technique, l’EUR/USD conserve un biais baissier à court terme, demeurant sous la moyenne mobile simple (SMA) à 100 jours. Le support le plus proche se situe à 1,1450. Si ce niveau ne tient pas, la paire pourrait accélérer sa baisse vers le seuil psychologique de 1,1400, puis vers la zone de demande de juillet.
Pour alléger la pression actuelle, les haussiers doivent d’abord franchir le seuil psychologique de 1,1500, avant les SMA à 50 jours et à 100 jours. Une cassure au‑dessus de ces obstacles majeurs serait nécessaire pour soutenir une reprise durable en direction de 1,1571 — l’EMA à 200 jours — puis de 1,1625 — la SMA à 200 jours. Toutefois, les oscillateurs demeurant négatifs, l’avantage reste du côté des baissiers.