*voir aussi : les indicateurs de trading InstaForex pour l’USDX
Le schéma classique — baisse des rendements, hausse des actifs risqués — ne fonctionne pas. Le marché fait face à une combinaison rare : la demande de valeurs refuges pour les obligations coïncide avec des ventes massives sur les actions et les métaux précieux, tandis que le yen se renforce. Le moteur n’est pas seulement un changement de sentiment vis-à-vis de la Fed, mais un mélange toxique de choc pétrolier et de crise de la dette française qui casse les corrélations habituelles.
Évolution des prixLe rendement des Treasuries américains à dix ans a reculé d’environ 11 points de base à 5,05 %, et celui à 30 ans a diminué d’environ 5,9 pb à 5,30 %. Normalement, cela soutiendrait les actions et l’or. Au lieu de cela, les contrats à terme sur le Nasdaq 100 reculent d’environ 1,7 %, le S&P 500 d’environ 1 %, et le Dow baisse d’environ 0,6 %. L’or est passé sous 4 100 $/oz et l’argent a chuté de 3,6 % à 55,80 $. Le yen s’est apprécié à 156,80 pour un dollar, contre 158,10 la veille.
Facteurs clésPétrole. Le Brent a bondi vers 109 $ après une attaque de drones contre le champ Shaybah de Saudi Aramco qui a coûté la vie à deux employés. Les États-Unis ont ordonné le départ d’une partie de leurs diplomates d’Arabie saoudite. Paradoxalement pour les métaux, la hausse du pétrole renforce les anticipations d’inflation, augmente la probabilité d’une hausse de taux de la Fed en décembre et accroît le coût d’opportunité de la détention d’or et d’argent, qui ne génèrent pas de rendement. En résumé : une inflation qui déclenche un durcissement monétaire peut rendre les métaux moins attractifs, même s’ils restent des couvertures traditionnelles. Obligations françaises. Le rendement de l’OAT française à 10 ans a grimpé à environ 5,1 %, un plus haut depuis 2002, et l’écart avec les Bunds allemands s’est élargi à environ 164 pb, au plus haut depuis 2011. Les investisseurs se débarrassent de la dette française sur fond de crise budgétaire et de tensions politiques. Cela pèse sur les actifs risqués à l’échelle mondiale. Les indices européens sont par exemple en baisse, et le Stoxx 600 recule d’environ 0,9 %. Résultats décevants dans l’IA. Lam Research a plongé de 8,5 % dans les échanges avant l’ouverture. IBM a reculé de 5,4 %. Le Kospi sud-coréen, très exposé aux fabricants de puces, a clôturé en baisse de 3,5 %. Tesla a perdu près de 5 % malgré un chiffre d’affaires supérieur aux attentes, après avoir abaissé ses prévisions de capex de 25 Mds $ à 20 Mds $ — un coup porté à la confiance dans la rapidité du déploiement de ses activités d’IA et de robotique. Le yen comme refuge. Le dollar américain se déprécie face au yen, les investisseurs recherchant un refuge dans une devise moins corrélée aux actifs risqués américains. Le vice-gouverneur de la BOJ, Himino, a souligné que l’inflation sous-jacente se rapproche de l’objectif de 2 % et a mis en garde contre un retard dans la normalisation de la politique monétaire, alimentant les anticipations d’un resserrement de la BOJ en décembre et soutenant le yen. Enseignements pour le marchéNous ne sommes pas dans une réaction classique « acheter des Treasuries, acheter le dollar ». C’est un mouvement de réduction du risque à dominante américaine : les investisseurs achètent des obligations, mais le dollar s’affaiblit parce que les tensions sont en partie domestiques (résultats décevants dans l’IA aux États-Unis) et en partie européennes (France). L’or et l’argent reculent non pas parce que les investisseurs renoncent à se protéger, mais parce que le choc pétrolier renchérit cette protection via les anticipations de politique de la Fed.
Le grand paradoxe du jour : les rendements baissent, mais cela ne sauve ni les actions ni les métaux. Tant que le Brent restera proche de 110 $/b et que l’écart français demeurera instable, les marchés resteront dans cet équilibre fragile. Le prochain déclencheur majeur sera la réunion du FOMC des 27–28 octobre — les traders anticipent une pause, mais traqueront le moindre indice concernant décembre.