GBP/USD – Analyse et prévisions des cours : le budget d’automne du chancelier britannique Healey et son impact sur la livre

Ce mercredi, la livre sterling recule face au dollar américain pour la quatrième séance consécutive. Les intervenants de marché attendent deux événements majeurs prévus aujourd’hui : la présentation du budget au Royaume-Uni et la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed). La paire GBP/USD a reflué jusqu’à sa moyenne mobile simple (SMA) à 20 jours, atteignant un plus bas de deux semaines.

L’événement clé de la semaine au Royaume-Uni sera la présentation du premier budget du gouvernement du Premier ministre Andy Burnham. L’attention se portera sur la manière dont le gouvernement envisage de financer les mesures d’allègement fiscal annoncées pour atténuer l’impact de la hausse du coût de la vie sur les ménages britanniques.

Le marché demeure prudent, car les finances publiques britanniques sont soumises à une forte pression. En septembre, la dette publique a dépassé 3 000 milliards de livres sterling, en partie sous l’effet d’une augmentation substantielle de l’emprunt net. Rachel Reeves, l’ancienne chancelière de l’Échiquier, avait constitué une marge budgétaire de 23,6 milliards de livres sterling. Cependant, la hausse des coûts de service de la dette a vraisemblablement déjà absorbé environ la moitié de ce montant. Sur fond de volatilité du marché obligataire et de souvenirs encore frais des turbulences financières sous Liz Truss en 2022, le détail du budget présenté par le chancelier Healey pourrait accentuer la volatilité de la livre.

De l’autre côté de la paire, le dollar américain attend la décision de la Fed concernant les taux d’intérêt. La Réserve fédérale devrait laisser ses taux inchangés. Les opérateurs se demandent toutefois si le président de la Fed, Kevin Warsh, confortera les anticipations d’une nouvelle hausse en décembre, d’autant plus qu’il se montre réticent à fournir des indications claires sur l’orientation future de la politique monétaire.

Les stratégistes d’ING soulignent que « une certaine stabilisation du secteur de l’intelligence artificielle a permis au marché des changes de se recentrer sur des risques plus immédiats et plus évidents : la hausse des prix de l’énergie, l’accélération de l’inflation et la réponse probable des banques centrales ». Cette réévaluation des risques soutient la demande spéculative pour le dollar américain.

À propos de la Fed, les experts d’ING estiment que « le président Warsh ne souhaitera probablement pas restreindre sa marge de manœuvre en se référant à un durcissement des conditions financières : il a déjà tiré les leçons de la vive réaction du marché à sa conférence de presse de juillet ». Selon eux, « le rétablissement de la stabilité de la politique monétaire restera un thème central de ses propos, ce qui devrait continuer de soutenir le dollar ».

D’un point de vue technique, la paire reste sous pression. La SMA à 20 jours constitue le dernier niveau de soutien significatif. Si la paire ne parvient pas à se maintenir au-dessus de ce seuil, le repli pourrait s’accélérer en direction de 1,3180, avant de viser le plus bas d’octobre.

En cas de rebond potentiel, la première zone de résistance est formée par la convergence des moyennes mobiles exponentielles (EMA) à 9 et 14 jours. L’obstacle suivant est la SMA à 100 jours, puis une résistance importante au niveau de la SMA à 200 jours. Une rupture au-dessus de cette dernière pourrait alléger la pression vendeuse sur la paire. Pour l’heure, toutefois, les oscillateurs restent en territoire négatif, ce qui donne l’avantage aux vendeurs.