Le S&P 500 s’est tourné vers la Fed pour obtenir des signaux, mais en pratique, le marché a davantage réagi à son thème favori, l’intelligence artificielle. Les résultats des géants de la tech ont eu un impact plus important sur les actions que la décision de statu quo de la Fed, les deux dissensions au sein du FOMC ou les commentaires de Kevin Warsh sur l’économie et l’inflation.
Dynamique des indices boursiers
La rotation bat son plein, et elle ne se limite pas aux méga-capitalisations et aux small caps, mais se joue aussi au sein même du secteur technologique. Les investisseurs examinent de près la capacité des émetteurs du S&P 500 à continuer de générer des bénéfices. Les attentes sont si élevées qu’il devient difficile de les dépasser, ce qui s’est transformé en motif de vente.
Un exemple parlant est la comparaison entre Microsoft et Alphabet. Depuis le dernier cycle trimestriel, l’action Microsoft a grimpé de 35 %, tandis qu’Alphabet a reculé d’environ 5 %. Les résultats du troisième trimestre ont accentué cette divergence : le BPA de Microsoft est passé de 3,72 $ à 4,92 $ en glissement annuel, dépassant les prévisions de Wall Street et faisant progresser le titre d’environ 4 % dans les échanges hors séance. Alphabet, à l’inverse, a chuté de 10 % après des chiffres d’activité décevants, ce qui s’est traduit par une perte de capitalisation boursière d’environ 300 milliards de dollars en une seule séance, l’une des plus importantes jamais enregistrées.
Nasdaq 100, Microsoft, Alphabet : dynamique comparative
Le S&P 500 a également été soutenu par une hausse de 11 % d’Oracle après des perspectives positives de free cash flow, ainsi que par les déclarations de Kevin Warsh selon lesquelles l’économie peut croître sans raviver l’inflation — une opinion liée aux gains de productivité générés par l’IA.
Dans le même temps, les grandes valeurs technologiques sont sensibles à la hausse des taux, car ces entreprises recourent de plus en plus au capital emprunté. Un resserrement monétaire trop agressif de la Fed pourrait à la fois provoquer l’éclatement d’une bulle liée à l’IA et un ralentissement significatif du PIB — un scénario que la banque centrale est peu susceptible d’accepter. Des taux très élevés restent donc improbables, ce qui est favorable aux actions américaines.
Les rendements des bons du Trésor à deux ans ont d’ailleurs reculé après le discours de Warsh, et le pétrole s’est replié depuis ses plus hauts de six mois à la suite d’informations faisant état de progrès diplomatiques au Moyen-Orient. La Maison-Blanche aurait averti que des personnalités iraniennes intransigeantes et des intermédiaires intensifient leurs efforts pour ramener Washington et Téhéran à la table des négociations.
En résumé, malgré les difficultés rencontrées par certains géants de la tech, le ralentissement du resserrement monétaire de la Fed et la solide croissance américaine au troisième trimestre créent un environnement « ni trop chaud, ni trop froid » favorable aux actions.
D’un point de vue technique, le graphique journalier montre que le S&P 500 a franchi à la hausse sa juste valeur à 7 725, ce qui a justifié l’augmentation des positions longues. Tant que le cours reste au-dessus de ce niveau important, le biais reste à l’achat.