Stratégies intrajournalières pour les traders débutants sur l’euro le 5 novembre

Hier, l’euro s’est affaibli face au dollar avant de récupérer une partie de ses pertes dans la nuit. La raison de la baisse d’hier est simple : les données économiques américaines se sont révélées plus solides que les chiffres européens, ravivant en partie la demande pour le dollar.

Commençons par l’Europe. L’activité des entreprises dans la zone euro est mesurée par l’indice des directeurs d’achats (Purchasing Managers' Index, PMI). Il repose sur des enquêtes auprès des entreprises, et une valeur supérieure à 50 signale une expansion. Le PMI composite s’est établi à 51,7, contre 51,9 attendus, tandis que le PMI des services est ressorti à 51,4, pour une prévision de 51,7. L’activité économique continue donc de croître, mais à un rythme plus lent que prévu par le marché. La plus grande déception est venue de la France, dont l’indice est tombé à 46,2, ce qui indique une contraction. L’Allemagne a en revanche réservé une bonne surprise avec un PMI des services en hausse à 52,5. Cependant, les bonnes performances allemandes n’ont pas suffi à compenser la faiblesse française. L’inflation a accéléré de 3,8 % à 4,0 %, exactement comme anticipé. Lorsque les prix augmentent plus vite alors même que la croissance économique s’essouffle, cette combinaison ne plaide pas en faveur de l’euro.

La situation était différente aux États-Unis. Le rapport ADP montre combien d’emplois ont été créés par les entreprises privées. En octobre, l’emploi a progressé de 86 000 postes, contre 67 000 attendus. Les entreprises embauchent donc plus activement que prévu, ce qui signifie que la Federal Reserve, la banque centrale américaine, a peu de raisons de renoncer à de nouvelles hausses de taux d’intérêt pour combattre l’inflation. Le déficit commercial, qui représente l’écart entre la valeur des biens et services importés et exportés par les États-Unis, s’est réduit à 105,0 milliards de dollars en septembre, contre 107,9 milliards attendus. L’indice ISM des services s’est établi à 54,5, contre une prévision de 54,8. Bien que légèrement inférieur aux attentes, il reste au-dessus de 50, ce qui signale une poursuite de l’expansion. Dans l’ensemble, ces éléments ont ravivé la demande pour le dollar et repoussé l’euro loin de ses récents sommets.

Aujourd’hui, l’euro a l’occasion de se reprendre. L’indice des prix à la production (Producer Price Index, PPI) de la zone euro doit être publié. Il mesure l’évolution des prix au niveau des producteurs et fournit généralement une indication précoce des futurs mouvements des prix à la consommation. Le marché l’interprète donc comme un indicateur de l’orientation future de l’inflation et des décisions potentielles de politique monétaire de la BCE. Le taux annuel est attendu en hausse à 10,9 %, contre 8,2 % un mois plus tôt. Si le chiffre dépasse les prévisions, les anticipations de nouvelles hausses de taux de la BCE se renforceront, ce qui soutiendrait l’euro. D’autres publications sont attendues : les commandes industrielles allemandes, censées progresser de 4,9 % ; la production industrielle française, qui devrait augmenter de 0,4 % après un recul de 0,3 % ; et les ventes au détail italiennes, pour lesquelles aucune variation n’est anticipée.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, et le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, doivent également s’exprimer aujourd’hui. Leur position de politique monétaire est déjà bien connue. La BCE reste en bonne voie pour procéder à une dernière hausse de taux en décembre, et leurs déclarations devraient venir confirmer cette orientation. Si les données économiques sont solides et que la banque centrale maintient un ton mesuré, l’euro pourrait se stabiliser, voire s’apprécier.

Momentum

Pour un mouvement haussier, il convient de surveiller le niveau de 1,1272, actuellement situé à seulement neuf pips du cours. Si l’euro parvient à s’installer durablement au-dessus de ce seuil, les prochains objectifs seront 1,1298 puis 1,1336. Les publications économiques du jour pourraient favoriser ce scénario, car un indice des prix à la production supérieur aux attentes renforcerait les anticipations de nouvelles hausses de taux de la BCE. Le scénario haussier est donc considéré comme le scénario principal.

Pour un mouvement baissier, le niveau clé se situe à 1,1245. Une rupture en dessous ouvrirait la voie vers 1,1214 puis 1,1177. La force du dollar observée hier, soutenue par les indicateurs économiques américains, plaide en faveur de ce scénario. Toutefois, la posture mesurée de la BCE et la possibilité de chiffres européens plus solides jouent contre lui. Ce scénario ne peut être exclu, mais il est jugé moins probable.

Retour à la moyenne

Le niveau de référence supérieur est à 1,1281, tandis que le niveau inférieur est à 1,1230. Le niveau supérieur ne se situe qu’à neuf points au-dessus du niveau de cassure de 1,1272, ce qui signifie que le prix pourrait l’atteindre rapidement après une cassure. La question clé est de savoir si le mouvement haussier va se poursuivre ou s’il s’agira d’une fausse cassure suivie d’une baisse. Un retournement à proximité de 1,1281 ne devrait être envisagé que lorsque le momentum haussier commencera clairement à s’essouffler.

Le niveau inférieur de 1,1230 se situe sur le trajet baissier entre 1,1245 et 1,1214. Si la baisse atteint ce niveau et que le prix rebondit rapidement au-dessus, cela indiquerait un retournement plutôt qu’une poursuite du mouvement de cassure.