Le marché du Forex digère les informations concernant la forte hausse de l’emploi en janvier, en hausse de 130 000. Les optimistes estiment que la situation sur le marché du travail s’est stabilisée. Les pessimistes soulignent, pour leur part, la plus faible progression des embauches hors période de récession depuis 22 ans, en 2025. La paire EUR/USD hésite sur la direction à prendre. La Réserve fédérale va‑t‑elle continuer à abaisser ses taux de manière préventive, ou bien la pause va‑t‑elle se prolonger jusqu’à la fin de l’année ? Donald Trump milite pour la première option ; toutefois, tant que la banque centrale demeure indépendante, il est peu probable que le président américain puisse influer sur ses décisions.
Évolution de l’emploi américain

Selon Credit Agricole, de nombreux facteurs négatifs sont déjà intégrés dans le cours du dollar américain. Il existe donc un risque élevé qu’il réagisse vivement aux bonnes nouvelles tout en ignorant les mauvaises. Dans ce contexte, une accélération de l’inflation américaine pourrait devenir un catalyseur de ventes sur l’EUR/USD. Si les prix à la consommation correspondent à la prévision de 2,5 %, la paire de devises principale a peu de chances de s’animer.
L’initiative, dans tous les cas, vient du dollar américain. L’euro, sous l’égide de la Banque centrale européenne, ressemble de plus en plus à un entre-deux. Selon Gabriel Makhlouf, membre du conseil des gouverneurs, il ne faut pas exclure une baisse du taux de dépôt. Mais en même temps, il ne faut pas non plus exclure une hausse. Soixante-six des soixante-quatorze experts interrogés par Reuters estiment que le coût du crédit ne changera pas d’ici 2027. La Banque centrale européenne se trouve dans une position idéale, et un ralentissement de l’inflation à 1,7 % ne la poussera pas à assouplir sa politique monétaire.
Les personnes interrogées prévoient un ralentissement de la croissance du PIB, de 1,5 % en 2025 à 1,2 % en 2026, puis à 1,4 % en 2027. Elles estiment que les prix à la consommation se stabiliseront autour de 1,7 % au premier trimestre, puis monteront à 1,9 % au deuxième trimestre, avant de se fixer autour de ce niveau jusqu’en 2027.
Avec de tels indicateurs, la BCE se retrouve en pratique en dehors du jeu. La dynamique de l’EUR/USD dépend des décisions de la Fed et des données macroéconomiques américaines. À moins, bien sûr, que Donald Trump ne continue de menacer l’indépendance de la banque centrale. À cet égard, la probabilité réduite d’un assouplissement de la politique monétaire de la Fed en avril et en juin joue en faveur du dollar américain.
Dynamique des anticipations de changement de taux


Ainsi, d’un point de vue fondamental, une baisse de l’EUR/USD est plus probable qu’une hausse de la paire de devises principale. Toutefois, pour confirmer ce scénario, les investisseurs préfèrent attendre les données sur l’inflation américaine. Selon Credit Agricole, ces chiffres ne sont pas suffisamment déterminants pour empêcher l’ouverture de positions. L’essentiel des facteurs négatifs est déjà intégré dans le cours du dollar.
Sur le plan technique, sur le graphique journalier, l’incapacité des acheteurs à actualiser les plus bas locaux autour de 1,1930 accentuera le risque de formation d’une figure de retournement 1-2-3. Une barre interne pourrait théoriquement apparaître. Dans le même temps, une baisse des prix en dessous de la juste valeur à 1,1865 et sous le bas de la barre interne à 1,1850 constituerait un signal de vente.
