
« “Nous avons gagné”, “nous n’avons pas besoin du détroit”, “je ne veux pas de cessez-le-feu” — derrière ces déclarations contradictoires du président américain sur l’Iran se cache une tentative de convaincre les marchés que la fermeture physique de l’une des principales artères du monde importe peu aux États‑Unis. Exhorter l’OTAN, la Corée du Sud et le Japon à “faire preuve de courage” et à assumer la responsabilité du détroit revient, de manière élégante, à admettre que Washington ne peut pas (ou ne veut pas) garantir seul la sécurité maritime, en dépit de “munitions infinies”. Le dénouement de l’actuelle doctrine Trump ressemble à un retrait des États‑Unis de la garde du détroit d’Ormuz, les patrouilles devant être assurées par les pays consommateurs eux‑mêmes.
En qualifiant l’opération d’“action militaire limitée”, il tente d’attirer des alliés dans une région qu’il n’a pas réussi à stabiliser en plus de trois semaines. Cela marque un changement radical dans le rôle mondial des États‑Unis. Là où Washington garantissait autrefois la liberté de navigation, il se repositionne en “conseiller à la demande”. Pour l’économie mondiale, cela implique une forte hausse des primes d’assurance et la militarisation des routes commerciales. Trump espère clore le dossier iranien comme “gagné”, en laissant à Séoul, Tokyo et Bruxelles le soin de nettoyer le goulot d’étranglement. Après trois semaines de conflit, les États‑Unis apparaissent non seulement loin d’être victorieux, mais se retrouvent piégés. La trajectoire du conflit met au jour une vérité inconfortable : la puissance militaire classique américaine peine face à une pression asymétrique.
Si l’affirmation de Trump selon laquelle le complexe militaro‑industriel iranien serait détruit était vraie, une question raisonnable se pose : pourquoi le flux sortant du détroit d’Ormuz est‑il 15 à 20 fois inférieur à la normale ? En réalité, le détroit n’est ouvert qu’à des passages “épisodiques” dans l’intérêt de la Chine et de l’Inde (1,0–1,5 Mb/j). Téhéran a transformé la guerre en une campagne de pression routinière que l’économie mondiale ne peut pas se permettre. Un paradoxe inquiétant apparaît : le nombre de tirs iraniens a diminué (lancements de roquettes divisés par 16, drones par 4 par rapport aux premiers jours), mais le nombre de cibles sensibles effectivement touchées a été multiplié. L’efficacité défensive recule précisément au moment où l’Iran se tourne vers des frappes de précision sur les “points douloureux” du système énergétique. Le “Mission Accomplished” de Trump sur Twitter ne fait rien pour empêcher les drones de viser Ras Laffan.
À la fin de la troisième semaine, il est clair que la domination aérienne américano‑israélienne sur l’Iran est conditionnelle. Les actifs militaires iraniens dispersés, souvent souterrains, font preuve d’une résilience remarquable. L’histoire suggère que pour neutraliser une telle capacité, il faut maintenir une intensité de frappes soutenue pendant six mois, et non vingt jours. Au 22 mars, la position stratégique de Washington apparaît sombre :
- L’absence de contrôle sur les eaux du Golfe persique détermine directement le coût économique du conflit.
- Le canal diplomatique est de facto fermé.
- Toute tentative de discuter de la réouverture du détroit d’Ormuz se heurte au silence.
- Téhéran ne négociera pas sous la contrainte, réduisant à néant les espoirs de Trump d’un “deal du siècle” rapide.
Pourtant, ce schéma présente un défaut fatal : le temps. Le calendrier joue contre la Maison‑Blanche. Chaque jour où le détroit reste bloqué érode les positions américaines au lieu de les renforcer. Trump tente de dire aux marchés “réglez le problème du détroit vous‑mêmes”, mais, en réalité, ni la domination dans le Golfe ni la protection par les alliés n’ont été obtenues. Un “repli” précipité, maintenant, n’est pas une victoire, mais une manœuvre rhétorique destinée à dissimuler l’effondrement en cascade du système mondial.
Les médias se focalisent sur le prix de l’essence, mais l’infarctus réel se situe dans les liens intersectoriels.
- Pharma — forte réduction de la production de médicaments en Inde ; pénuries de conditionnements et de seringues.
- Textile — effondrement de la production de polyester en Chine et au Bangladesh, choc d’exportations à travers l’Asie.
- Électronique — pénuries de matières premières dans les usines de TSMC et d’Intel ; le “rallye des semi‑conducteurs” touche à sa fin.
- Production de verre — dommages irréversibles aux fours.
- Agroalimentaire — pénuries d’engrais et de carburant, hausse des coûts de conditionnement et de fret, qui alimente l’inflation dans les pays les plus pauvres.
L’indice de peur VIX a bondi de 20 %, reflétant une perte totale de repères. Un gros titre sur des mouvements de troupes fait plonger actions et or ; un titre sur des “objectifs atteints” fait chuter brutalement le pétrole. Les traders sont contraints d’arbitrer l’humeur du Bureau ovale plutôt que les fondamentaux, rendant toute planification de long terme impossible. Clou surréaliste : les États‑Unis ont délivré une licence générale pour exporter du pétrole iranien jusqu’au 19 avril 2026. C’est, de fait, une capitulation face au choc des prix. Après des années de discours sur un “régime voyou” et une “destruction totale”, Washington est forcé de mendier le pétrole même qu’il tentait de bloquer. Cette licence temporaire est un “pansement” posé sur une artère sectionnée. Trump espère que les barils iraniens feront retomber les prix avant que la colère électorale ne devienne ingérable.
Mais la licence ne court que sur un mois, ce qui souligne le caractère ad hoc et paniqué des décisions de la Maison‑Blanche. Le speaker Mike Johnson tente de sauver la face en disant que la “mission initiale est effectivement accomplie”. Dans sa version, la flotte et les missiles iraniens sont neutralisés. Pourtant, même dans ce récit optimiste, la vérité fuit : la capacité de l’Iran à menacer le détroit “prolonge un peu l’affaire”. Ce “un peu” coûte des milliers de milliards à l’économie mondiale. Les alliés ont ostensiblement ignoré les appels de Trump à l’aide, laissant les États‑Unis seuls face au nettoyage des conséquences de cette “pacification”.
La déclaration de Johnson est une tentative de préparer les marchés à une proclamation de victoire et à un retrait précipité, avant que la facture de la guerre ne dépasse la valeur de l’ensemble de l’économie américaine. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a annoncé une décision qui, un mois plus tôt, aurait semblé impensable : les États‑Unis vont temporairement lever les restrictions pour acheminer quelque 140 millions de barils de pétrole iranien sur le marché. Le discours officiel est celui d’une mesure “destinée à contenir les prix” et d’un prolongement de “l’Opération Epic Fury” par d’autres moyens. Bessent insiste sur le fait que Téhéran ne verra pas la couleur des recettes — les revenus seront “strictement contrôlés”.
Cependant, les marchés y voient un acte de désespoir. Alors que Trump promet une “réduction progressive” des efforts, la réalité dit l’inverse : de nouveaux navires de débarquement font route vers la région et l’Irak a déclaré la force majeure sur tous ses gisements. Le paysage économique américain devient un théâtre où la tech est sacrifiée au pétrole :
- le NASDAQ 100 a chuté de plus de 2,5 %
- la flambée des prix de l’énergie a commencé à brûler les investissements dans l’IA
Trump sent le sol se dérober et redirige sa fureur vers l’intérieur. Son post sur Truth Social qualifiant le Parti démocrate d’“ennemi pire que l’Iran” vise à mobiliser la base MAGA face à une catastrophe politique potentielle. Les probabilités implicites sur Kalshi sont brutales : la probabilité d’une mise en accusation de Trump cette année a bondi à 72 %. Les investisseurs et les acteurs politiques lisent de plus en plus le chaos actuel comme un signe de faiblesse plutôt que de force. “Epic Fury” ressemble davantage à un échec épique. Trois semaines de guerre ont coûté aux contribuables américains environ 27 milliards de dollars. Washington tente de trouver de véritables leviers de pouvoir à Téhéran, mais ne rencontre pour l’instant que le vide.
Les banques centrales mondiales, quant à elles, se préparent à un “choc d’inflation”, et les traders se ruent sur des paris de hausse des taux — une dynamique qui anéantira les espoirs d’un atterrissage en douceur de l’économie. La semaine dernière a été un tournant pour les régulateurs mondiaux. Sur les huit plus grandes banques centrales (de la Fed à la BOJ), seule la Reserve Bank of Australia a relevé ses taux. Pourtant, le vrai drame s’est joué dans les prix de marché : les marchés ont instantanément réévalué les risques d’inflation et la perspective de baisses de taux à court terme est morte. La politique monétaire est impuissante face à une pénurie physique de ressources. C’est le cri du marché : l’inflation est bel et bien arrivée et pourrait rester.
Les banques centrales sont acculées : elles doivent maintenir une politique stricte, tandis que la géopolitique réduit leurs modèles macroéconomiques à néant. La vente massive d’actions a pris une dynamique d’avalanche. Le Dow Jones a plongé à 45 577 points — dangereusement près de l’abîme psychologique des 45 000. Le NASDAQ et le S&P 500 ont confirmé des cassures à la baisse, ouvrant officiellement une phase de forte correction. Le mouvement le plus choquant s’est produit sur l’or : l’actif refuge par excellence s’est effondré de plus de 10 %, clôturant sous les 4 500 $. C’est le signe classique d’une “liquidation du dernier refuge” : les investisseurs vendent l’or non par défiance, mais parce qu’ils ont besoin de liquidités pour couvrir leurs pertes ailleurs.
Les marchés des changes se comportent étrangement dans ce chaos :
- l’euro affiche une force surprenante
- tandis que le dollar, contrairement à ce que la flambée du pétrole laisserait supposer, commence à décrocher
Les prévisions de la Defense Intelligence Agency sont brutales : une fermeture fonctionnelle du détroit d’Ormuz pourrait durer jusqu’à six mois. C’est largement suffisant pour infliger des chocs d’approvisionnement irréversibles. Les marchés pétroliers ont déjà intégré une prime de risque persistante. Le Brent s’est stabilisé au‑dessus de 110 $, mais ce n’est qu’une pause. Les analystes avertissent qu’un franchissement des 120 $ ouvrirait la voie vers 160 $. Nous sommes dans une situation où chaque jour de guerre supplémentaire accroît de façon exponentielle le coût de la reconstruction des infrastructures, transformant une crise temporaire en années de rareté énergétique. La banque centrale a, de fait, entériné l’idée que l’inflation est entrée dans une “phase dangereuse”.
Si, par le passé, les flambées du pétrole en provenance du Golfe étaient présentées comme des perturbations temporaires, Francfort reconnaît désormais officiellement qu’il s’agit d’une menace structurelle pour la stabilité des prix. Christine Lagarde ne peut plus se cacher derrière les anciens manuels — la réalité de 2026 exige une nouvelle architecture de politique monétaire. Les mathématiques de la BCE se sont heurtées à la physique des marchés. Le scénario central du régulateur prévoyait un pic du pétrole autour de 90 $ et une inflation à 2,6 % (contre 1,9 % dans le scénario confortable de décembre). Ce scénario était déjà obsolète avant sa publication. Aujourd’hui, le Brent évolue confortablement dans une fourchette de 100–120 $, transformant ces prévisions “de base” en chiffons de papier.
L’attention des investisseurs s’est portée sur ce qui était autrefois qualifié de « scénario défavorable ». Aujourd’hui, il n’est plus hypothétique : c’est la situation actuelle. Dans ce scénario, l’inflation de la zone euro grimpe à 3,5 % en 2026 et la croissance s’effondre. Ce qui inquiète le plus : ces résultats ne sont plus des extrêmes, ils reflètent les conditions de marché actuelles. La BCE fait face à une réalité dans laquelle le « plan B » est devenu le seul « plan A » envisageable. L’Europe entre dans une période d’inflation durable et de faible croissance, où les outils monétaires sont impuissants face à un détroit d’Ormuz bloqué et des raffineries en feu.
23 mars
23 mars, 12h00 / Zone euro / ** / Croissance des salaires au T4 / préc. : 2,5 % / réel : 2,7 % / prévision : 2,6 % / EUR/USD – en baisse
L’indice harmonisé des salaires dans la zone euro a augmenté à 2,7 % sur un an au T4 2026, contre 2,5 % au trimestre précédent. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis environ 18 mois, au-dessus de la moyenne de long terme de 2,31 %. L’accélération de la croissance des rémunérations signale des pressions inflationnistes persistantes en provenance du marché du travail, malgré la stabilisation macroéconomique plus large depuis les pics de 2024. La dynamique salariale reste un indicateur clé pour évaluer les futures décisions de politique monétaire des banques centrales. Si la croissance des salaires ralentit à 2,6 % comme prévu le trimestre prochain, l’euro devrait se déprécier face au dollar.
23 mars, 15h30 / USA / ** / Chicago Fed National Activity Index, février / préc. : -0,21 / réel : 0,18 / prévision : 0,27 / USDX (indice à 6 devises) – en hausse
Le Chicago Fed National Activity Index est remonté à 0,18 en février 2026, après -0,21 en décembre, atteignant son plus haut niveau en un an et signalant une reprise de l’activité économique américaine en début d’année. Cette amélioration s’explique principalement par :
- l’expansion de la production industrielle
- des gains modérés dans les indicateurs de l’emploi
En parallèle, les composantes consommation et logement sont restées neutres. Ce retournement positif indique un allègement du frein conjoncturel pesant sur le secteur manufacturier. Si l’indice progresse à 0,27 comme prévu en mars, l’indice du dollar américain devrait se renforcer.
23 mars / USA / *** / Croissance des dépenses de construction en janvier (m/m) / préc. : -0,2 % / réel : 0,3 % / prévision : 0,1 % / USDX – en baisse
Les dépenses de construction aux États-Unis ont augmenté de 0,3 % en décembre 2025, mettant fin à trois mois consécutifs de repli. Cette hausse provient entièrement du secteur privé, avec une progression de 1,5 % de la construction résidentielle, tirée par les nouveaux projets de maisons individuelles, ce qui compense la faiblesse de l’investissement non résidentiel. Les dépenses publiques ont continué de reculer, tant dans le logement que dans les infrastructures. Sur l’ensemble de 2025, le secteur a affiché une contraction modérée dans un contexte de coûts d’emprunt élevés. Si le chiffre de janvier confirme la prévision de 0,1 %, l’indice du dollar américain devrait subir des pressions baissières.
23 mars, 18h00 / Zone euro / ** / Indice de confiance des consommateurs, mars / préc. : -12,4 / réel : -12,2 / prévision : -15,0 / EUR/USD – en baisse
L’indice de confiance des consommateurs de la zone euro s’est établi à -12,2 en février, son meilleur niveau depuis fin 2024. Cette amélioration reflète une vision plus optimiste du grand public quant aux perspectives économiques. Les ménages restent toutefois prudents dans leur appréciation :
- de la situation financière passée de leur foyer
- de leurs projets d’achats importants sur les 12 prochains mois
La stabilité des anticipations financières montre que les ménages s’adaptent progressivement aux conditions actuelles malgré l’incertitude persistante. Si l’indice de mars recule à -15,0 comme prévu, l’euro devrait s’affaiblir.
24 mars
24 mars, 01h00 / Australie / ** / S&P Global Manufacturing PMI, mars / préc. : 52,3 / réel : 51,0 / prévision : 51,6 / AUD/USD – en hausse
Le PMI manufacturier S&P Global de l’Australie est tombé à 51,0 en février 2026, après 52,3 en janvier. Il s’agit d’un plus bas de quatre mois, qui traduit un ralentissement de l’expansion du secteur industriel du pays. Un affaiblissement des nouvelles commandes, tant domestiques qu’extérieures, a entraîné une légère baisse de la production et une réduction des stocks sur fond de moral des entreprises en repli. Bien que les pressions inflationnistes se soient quelque peu atténuées, les conditions des chaînes d’approvisionnement continuent de se dégrader, ce qui freine l’élan global du secteur manufacturier. Si le PMI de mars remonte à 51,6 comme prévu, le dollar australien devrait se renforcer.
24 mars, 02h30 / Japon / *** / IPC global, février / préc. : 2,1 % / réel : 1,5 % / prévision : 1,3 % / USD/JPY – en hausse
Sur un an, l’IPC du Japon a ralenti à 1,5 % en janvier, contre 2,1 % le mois précédent. Ce retour à un plus bas depuis le printemps 2022 s’explique par un ralentissement des hausses de prix dans l’alimentation, les transports et les biens domestiques, ainsi que par la poursuite de la baisse des prix de l’énergie, soutenue par les subventions publiques sur l’électricité et le gaz. L’inflation de base est revenue au niveau « cible » de 2,0 % de la BOJ, un plus bas de deux ans. Même si les prix des communications et de l’habillement ont accéléré, l’ensemble du tableau inflationniste pointe vers un affaiblissement de la demande des ménages. Si l’inflation de février recule à 1,3 % comme prévu, la paire dollar/yen devrait monter.
24 mars, 03h30 / Japon / *** / S&P Global Manufacturing PMI, mars / préc. : 51,5 / réel : 53,0 / prévision : 52,9 / USD/JPY – en hausse
Le PMI manufacturier du Japon est monté à 53,0 en février, après 51,5 en janvier, marquant la plus forte reprise en quatre ans. Ce rebond est soutenu par :
- une forte hausse des volumes de production
- un afflux de nouvelles commandes
L’emploi dans le secteur progresse pour le quinzième mois consécutif, malgré la montée des coûts des matières premières et du transport. Les entreprises restent très optimistes, évoquant le lancement de nouveaux produits et un redressement de la demande mondiale. Si le PMI de mars se confirme au niveau prévu de 52,9, le yen pourrait s’affaiblir.
24 mars, 08h00 / Zone euro / ** / Immatriculations de voitures particulières, février / préc. : 5,8 % / réel : -3,9 % / prévision : -6,0 % / EUR/USD – en baisse
Les nouvelles immatriculations de voitures particulières dans l’UE ont reculé de 3,9 % sur un an en janvier 2026, après une hausse de 5,8 % le mois précédent. Ce premier chiffre négatif depuis l’été dernier reflète des baisses marquées sur les plus grands marchés :
- Allemagne
- France
- Italie
- Espagne
Malgré cette faiblesse générale, le segment des véhicules électriques a progressé de 24,2 %, portant sa part de marché à 19,3 %. Ces données de début d’année indiquent un refroidissement temporaire de la demande pour les voitures thermiques, après une expansion modérée en 2025. Si les immatriculations de février chutent à -6,0 % comme anticipé, l’euro subirait des pressions baissières.
24 mars, 11h30 / Allemagne / *** / HCOB Manufacturing PMI, mars / préc. : 49,1 / réel : 50,9 / prévision : 49,8 / EUR/USD – en baisse
Le PMI manufacturier de l’Allemagne est remonté à 50,9 en février, contre 49,1 en janvier, marquant un retour en zone d’expansion pour la première fois depuis trois ans et demi. L’amélioration est portée par une hausse de la production et une augmentation des nouvelles commandes. Le moral des entreprises est soutenu par :
- les mesures de relance publique dans les infrastructures
- une forte hausse des dépenses de défense
Malgré les pressions haussières sur les coûts de production, les anticipations des entreprises ont atteint leur plus haut niveau depuis début 2022, portées par une demande intérieure plus robuste. Un repli du PMI de mars à 49,8 comme prévu pèserait sur l’euro.
24 mars, 12h00 / Zone euro / *** / S&P Global Manufacturing PMI, mars / préc. : 49,5 / réel : 50,8 / prévision : 49,55 / EUR/USD – en baisse
Le PMI manufacturier de la zone euro est monté à 50,8 en février, après 49,5 en janvier — la plus forte amélioration du secteur depuis l’été 2022, portée par :
- une forte hausse des volumes de production
- un afflux de nouvelles commandes
L’emploi continue d’être réduit, mais l’activité d’achats s’est pratiquement stabilisée. L’inflation des coûts d’intrants atteint un plus haut de trois ans, entraînant la plus forte hausse des prix de vente depuis mars 2023. La confiance des producteurs se situe à un plus haut de quatre ans, les entreprises anticipant une poursuite du redressement de la demande. Si la lecture de mars se maintient au niveau prévu de 49,55, l’euro devrait se déprécier face au dollar.
24 mars, 12h30 / Royaume-Uni / *** / S&P Global Manufacturing PMI, mars / préc. : 51,8 / réel : 51,7 / prévision : 51,1 / GBP/USD – en baisse
Le PMI manufacturier du Royaume-Uni s’est établi à 51,7 en février, contre 51,8 le mois précédent, indiquant une phase d’expansion, avec une croissance de la production à un plus haut de 1,5 an. Cette amélioration s’accompagne d’une accélération de l’inflation des coûts d’intrants, sous l’effet de la hausse des prix des métaux et de l’énergie, ce qui renchérit les prix d’achat pour un troisième mois consécutif. Les chaînes d’approvisionnement restent sous tension, mais la majorité des industriels conservent des perspectives optimistes pour l’année à venir. Si le PMI de mars recule à 51,1 comme prévu, la livre sterling devrait s’affaiblir.
24 mars, 14h00 / Royaume-Uni / ** / Solde des ventes au détail CBI, mars / préc. : -17 / réel : -43 / prévision : -40 / GBP/USD – en hausse
Le solde des ventes au détail de la CBI a plongé à -43 en février, après -17 en janvier, un chiffre nettement pire que les attentes du marché et qui reflète une récession prolongée du commerce de détail depuis mi‑2023. Dans un contexte de confiance des consommateurs au plus bas historique, les entreprises réduisent :
- leurs effectifs
- leurs investissements
Malgré les hausses de prix et une forte progression des ventes en ligne, le secteur souffre d’une demande atone et d’une gestion très prudente des stocks. Si le solde de mars atteint -40 comme prévu, la livre sterling pourrait se renforcer.
24 mars, 15h15 / USA / ** / ADP – variation hebdomadaire de l’emploi privé / préc. : 14,75 k / réel : 9,0 k / prévision : – / USDX (indice à 6 devises) – volatil
Selon ADP, les créations hebdomadaires moyennes d’emplois dans le secteur privé ont ralenti à 9,0 k en février, marquant un net tassement par rapport aux fortes hausses enregistrées auparavant. Cette publication signale une perte de vitesse de l’emploi privé dans un contexte économique en mutation. En l’absence de consensus officiel sur cette série, la statistique pourrait accroître la volatilité de l’indice du dollar américain.
24 mars, 15h30 / USA / ** / Productivité hors agriculture, T4 (définitive) / préc. : 4,2 % / réel : 5,2 % / prévision : 2,8 % / USDX – en baisse
La productivité non agricole américaine pour le T4 a augmenté de 2,8 %, contre 5,2 % précédemment, mais ce résultat a tout de même dépassé les attentes du marché. La production a progressé de 2,6 %, tandis que le nombre d’heures travaillées a légèrement reculé. La productivité dans le secteur manufacturier a chuté de 1,9 % en raison d’une baisse de la production dans le segment des biens durables. Pour l’ensemble de l’année 2025, la croissance moyenne de la productivité s’est établie autour de 2,2 %, ce qui reflète un ralentissement par rapport à 2024. Si la donnée finale de productivité confirme la prévision de 2,8 %, l’indice du dollar américain subirait des pressions à la baisse.
24 mars, 23:30 / USA / ** / Stocks hebdomadaires de brut API / préc.: -1,7 m / réel: 6,6 m / prévision: – / Brent – volatilité
Les stocks américains de pétrole brut ont augmenté de 6,6 millions de barils au cours de la semaine se terminant le 13 mars 2026, une forte hausse qui a compensé le repli de la semaine précédente et représente la plus grande augmentation hebdomadaire en trois semaines, alors que le marché s’attendait à des baisses de stocks. Dans le même temps, les stocks d’essence et de distillats ont fortement diminué, avec un rythme de déstockage des produits pétroliers au plus haut depuis l’automne dernier. Ces dynamiques traduisent un déséquilibre entre une production en hausse et une demande soutenue pour les produits pétroliers. En l’absence de consensus officiel, la publication de l’API devrait provoquer une hausse de la volatilité sur les prix du Brent.
25 mars
25 mars, 03:30 / Australie / *** / IPC global, février / préc.: 3,4 % / réel: 3,8 % / prévision: 3,8 % / AUD/USD – volatilité
L’inflation annuelle à la consommation en Australie est restée à 3,8 % en janvier, au-dessus des attentes du marché et toujours en dehors de la fourchette cible de la RBA. Une forte hausse de 32,2 % des prix de l’électricité après l’expiration des remises gouvernementales a compensé les baisses observées ailleurs, maintenant des pressions tarifaires généralisées dans le logement, l’habillement et l’alimentation. L’IPC mensuel est revenu à 0,4 % par rapport à la fin de l’année dernière. Si la donnée de février confirme la prévision de 3,8 %, il faut s’attendre à une volatilité accrue de l’AUD.
25 mars, 10:00 / Royaume-Uni / *** / IPC global, février / préc.: 3,2 % / réel: 3,4 % / prévision: 3,0 % / GBP/USD – baisse
L’IPC global du Royaume-Uni a ralenti à 3,0 % en glissement annuel en janvier, contre 3,4 % en décembre, grâce à la baisse des prix des carburants et des denrées alimentaires, ainsi qu’à un allègement des pressions sur les tarifs des services publics. L’inflation sous-jacente a reculé à 3,1 %, signalant un assouplissement progressif des pressions inflationnistes de fond. Sur un mois, janvier a enregistré une variation de -0,5 % qui a effacé la hausse d’avant les fêtes. Si la valeur de février est conforme à la prévision de 3,0 %, la livre devrait subir des pressions.
25 mars, 10:00 / Royaume-Uni / ** / Inflation des prix à la production, février / préc.: 3,4 % / réel: 3,1 % / prévision: 2,5 % / GBP/USD – baisse
Les prix à la production au Royaume-Uni ont augmenté de 2,5 % sur un an en janvier, après 3,1 % en décembre. L’atténuation des pressions tarifaires à la sortie d’usine, au plus bas depuis le début de l’été, s’explique par la baisse des coûts :
- des produits énergétiques
- du coke
- des produits pétroliers raffinés (-8,4 %)
Malgré la désinflation observée dans les segments de l’alimentation et des équipements de transport, ces catégories demeurent les principaux moteurs de l’inflation à la sortie d’usine. Les hausses modérées des prix des boissons alcoolisées, des métaux et de l’électronique n’ont que partiellement compensé la dynamique désinflationniste plus large dans l’industrie. Si la publication de février confirme la prévision de 2,5 %, la livre sera probablement affaiblie.
25 mars, 10:00 / Royaume-Uni / ** / Indice des prix de détail, février / préc.: 4,2 % / réel: 3,8 % / prévision: 3,7 % / GBP/USD – baisse
L’indice des prix de détail au Royaume-Uni a augmenté de 3,8 % en glissement annuel en janvier, contre 4,2 % sur la période précédente. Sur un mois, la série a enregistré un recul de 0,5 %, effaçant intégralement la hausse d’avant les fêtes et ressortant en dessous des attentes du marché. La dynamique des prix de détail reflète un refroidissement général du coût de la vie dans un contexte de stabilisation progressive de la demande des ménages en ce début d’année. Une lecture de février conforme à la prévision de 3,7 % serait négative pour la livre.
25 mars, 12:00 / Allemagne / *** / Indice Ifo du climat des affaires, mars / préc.: 87,6 / réel: 88,6 / prévision: 86,3 / EUR/USD – baisse
L’indice Ifo du climat des affaires en Allemagne est monté à 88,6 en février, contre 87,6, son plus haut niveau en six mois, ce qui indique les premiers signes d’une reprise tirée par la demande intérieure. L’amélioration a été la plus marquée dans la logistique, la construction et l’industrie manufacturière, soutenue par les mesures de relance des infrastructures et la hausse des dépenses de défense. Si l’indice retombe à 86,3 en mars, l’euro subirait des pressions.
25 mars, 15:30 / USA / ** / Prix à l’exportation, février / préc.: 3,4 % / réel: 2,6 % / prévision: 2,2 % / USDX (indice 6 devises) – baisse
Les prix à l’exportation américains ont augmenté de 2,6 % en glissement annuel en janvier, après une progression de 3,4 % en décembre. Le rythme actuel demeure supérieur à la moyenne de long terme, mais signale une modération des pressions inflationnistes dans le secteur des biens échangeables. La dynamique des prix à l’exportation reflète la stabilisation des chaînes d’approvisionnement mondiales et l’ajustement de la demande aux conditions macroéconomiques en vigueur. Cet indicateur constitue un baromètre important de la compétitivité américaine. Si la publication de février ressort à la prévision de 2,2 %, l’indice du dollar américain pourrait se replier.
25 mars, 17:30 / USA / ** / Stocks hebdomadaires de brut EIA / préc.: 0,661 m / réel: -0,692 m / prévision: 0,070 m / Brent – baisse
Les importations nettes américaines de brut ont diminué de 692 000 barils au cours de la semaine se terminant le 13 mars 2026. Cette baisse des importations de brut a compensé la hausse de la semaine précédente et reflète la volatilité des flux extérieurs ainsi que les ajustements opérationnels des raffineries américaines. La série présente une forte amplitude de variation dans un contexte de production domestique dynamique et d’évolution des schémas du commerce mondial. Les données actuelles indiquent une réduction temporaire de la dépendance aux importations. Si le prochain rapport confirme la prévision de 0,070 million de barils, les prix du Brent pourraient s’assouplir.
23 mars, 12:10 / Allemagne / Discours de Sabine Mauderer (Bundesbank) / EUR/USD
23 mars, 18:00 / Zone euro / Discours de Piero Cipollone (membre du Directoire de la BCE) / EUR/USD
23 mars, 19:00 / Zone euro / Discours de Philip Lane (Conseil de surveillance de la BCE) / EUR/USD
23 mars, 23:00 / Nouvelle-Zélande / Discours de la gouverneure de la RBNZ Anna Brummer / NZD/USD
24 mars, 04:00 / Nouvelle-Zélande / Discours de la gouverneure de la RBNZ Anna Brummer / NZD/USD
24 mars, 11:00 / Allemagne / Discours de Sabine Mauderer (Bundesbank) / EUR/USD
24 mars, 11:40 / Zone euro / Discours de Pedro Machado (Conseil de surveillance de la BCE) / EUR/USD
24 mars, 13:00 / Zone euro / Discours de Martin Kohler (Conseil des gouverneurs de la BCE) / EUR/USD
24 mars, 15:00 / Zone euro / Discours d’Olaf Sleipner (Conseil de surveillance de la BCE) / EUR/USD
24 mars, 16:30 / Zone euro / Discours de Piero Cipollone (membre du Directoire de la BCE) / EUR/USD
24 mars, 18:00 / Zone euro / Discours de Joachim Nagel (Conseil des gouverneurs de la BCE) / EUR/USD
24 mars, 18:45 / Zone euro / Discours de Philip Lane (Conseil de surveillance de la BCE) / EUR/USD
24 mars, 19:00 / Zone euro / Discours de Michael Teurer (German Federal Bank) / EUR/USD
25 mars, 01:30 / USA / Discours de Michael Barr (vice-président de la Fed chargé de la supervision) / USDX
25 mars, 02:50 / Japon / Minutes de la BOJ (19 mars) / taux directeur – 0,75 % / USD/JPY
25 mars, 05:40 / Australie / Discours de Brad Jones (RBA) / AUD/USD
25 mars, 11:45 / Zone euro / Discours de la présidente de la BCE Christine Lagarde / EUR/USD
25 mars, 12:00, 20:00 / Zone euro / Discours de Patrick Montagner (Conseil de surveillance de la BCE) / EUR/USD
25 mars, 12:15 / Zone euro / Discours de Philip Lane (Conseil de surveillance de la BCE) / EUR/USD
25 mars, 15:00 / Royaume-Uni / Discours de Megan Greene (MPC de la BoE) / GBP/USD
25 mars, 17:30 / Zone euro / Discours d’Anneli Tuominen (Conseil de surveillance de la BCE) / EUR/USD
25 mars, 23:10 / USA / Discours de Stephen Miran (gouverneur de la Fed) / USDX
La semaine sera plus calme en termes d’activité des banques centrales, mais les traders devront néanmoins suivre de près les discours des nombreux responsables et gouverneurs pour déterminer qui a réellement tourné la page des baisses de taux et qui ne l’a pas fait. Les déclarations des banques centrales provoquent généralement une hausse de la volatilité sur le marché des changes, car elles peuvent signaler les intentions des responsables monétaires en matière de taux d’intérêt.
Le calendrier économique est disponible via ce lien. Tous les chiffres sont présentés en glissement annuel (g.a.). Lorsque les données sont indiquées en glissement mensuel, cela est précisé (g.m.). Les balances commerciales, les exportations et les importations sont exprimées dans la monnaie du pays. Un astérisque * indique (par ordre croissant) l’importance de la publication pour les instruments disponibles sur la plateforme InstaForex. Les heures de publication sont indiquées en MSK (GMT+3:00). Ouvrez un compte de trading ici. Voir aussi les vidéos d’actualités de marché InstaForex. Pour garder les outils à portée de main, nous vous recommandons de télécharger l’application MobileTrader.
