
En ce début de semaine, l’or montre un mouvement de reprise après avoir ouvert sur un gap baissier, même si le potentiel de hausse supplémentaire demeure limité. Les investisseurs se montrent prudents sur fond de montée des tensions entre les États-Unis et l’Iran.
Les marchés se caractérisent par une appétence au risque réduite : l’optimisme observé la semaine dernière après l’annonce d’une trêve de deux semaines s’est estompé, les négociations entre les États-Unis et l’Iran à Islamabad s’étant achevées sans avancée significative. Selon The Wall Street Journal, des pays de la région prennent des initiatives pour relancer le dialogue entre les États-Unis et l’Iran dans les jours à venir, après l’échec des discussions du week-end.
Le vice-président américain J.D. Vance a déclaré avoir présenté une « offre ultime et meilleure », mais l’Iran en a rejeté les conditions, ramenant de fait les négociations dans une impasse. Les médias d’État iraniens ont indiqué que des exigences excessives de la part des États-Unis excluaient toute possibilité de compromis. Parallèlement, le président américain Donald Trump a annoncé dimanche que l’US Navy entendait mettre en place un blocus du détroit d’Ormuz, mettant en péril la trêve fragile. Une pression supplémentaire provient des frappes israéliennes en cours au Liban, qui accroissent la probabilité d’une nouvelle vague d’escalade au Moyen-Orient. Cela soutient le dollar américain en tant que monnaie de réserve, tandis que les anticipations d’un resserrement de la politique monétaire sur fond de hausse des prix de l’énergie limitent le potentiel de hausse de l’or.
En réponse, le président Trump a ordonné un blocus naval du détroit d’Ormuz, déclarant que tout navire iranien s’approchant du détroit « sera immédiatement détruit ». Le US Central Command (CENTCOM) a précisé que les restrictions s’appliqueraient à tous les navires entrant ou sortant des ports iraniens via le golfe Persique et le golfe d’Oman.
Le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) a averti que tout navire militaire s’approchant du détroit d’Ormuz serait considéré comme une violation du cessez-le-feu et pourrait s’exposer à des mesures de représailles.
Les marchés des matières premières restent préoccupés par d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement énergétique, et les cours du pétrole demeurent élevés.

La hausse des prix du pétrole renforce les anticipations d’inflation et alimente les craintes que la Federal Reserve soit contrainte de maintenir les taux d’intérêt élevés plus longtemps — voire de les relever encore si le conflit se prolonge. Cela soutient le dollar américain et les rendements des Treasuries. Les données d’inflation de mars aux États-Unis ont montré une accélération des prix de l’énergie : sur une base mensuelle, l’indice des prix à la consommation (CPI) a augmenté de 0,9 % contre 0,3 % en février, tandis que le taux annuel est passé de 2,4 % à 3,3 %.
Bien que l’or soit traditionnellement considéré comme une valeur refuge et une couverture contre l’inflation, dans les conditions actuelles il peine à susciter une forte demande. La probabilité de nouvelles hausses de taux accroît le coût d’opportunité de la détention d’or.
Néanmoins, les perspectives à long terme pour l’or demeurent solides, soutenues par la poursuite des achats des banques centrales, la baisse de confiance dans les monnaies fiduciaires, la hausse de l’endettement public dans les principales économies et une demande d’investissement soutenue.
Dans les prochains jours, le calendrier économique américain sera relativement léger. Les acteurs du marché se concentreront sur l’indice des prix à la production (PPI) de mars, dont la publication est prévue mardi. Des interventions de plusieurs responsables de la Federal Reserve sont également attendues au cours de la semaine, susceptibles d’apporter des indications sur les futurs choix de politique monétaire de l’institution.
D’un point de vue technique, les oscillateurs sont négatifs, ce qui indique que les acheteurs manquent de la vigueur nécessaire pour prolonger la hausse. Toutefois, les cours sont passés au-dessus de la moyenne mobile simple à 20 jours (SMA), ce qui améliore quelque peu les perspectives.
