De nombreux facteurs positifs ont déjà été intégrés dans les cours de l’EUR/USD, et la paire de devises majeure apparaît vulnérable à une correction vers sa juste valeur, située à 1,165. Cette opinion est partagée par Credit Agricole, qui utilise les écarts de rendements obligataires, les ratios entre les marchés actions européens et américains, ainsi que les différentiels de taux des banques centrales pour déterminer les points d’équilibre. L’euro s’est en effet stabilisé face au dollar américain dans le contexte du cessez-le-feu au Moyen-Orient et de la réticence de la Banque centrale européenne à relever ses taux.
« Acheter la rumeur, vendre la nouvelle. » Cette maxime ne vaut pas seulement pour les annonces du calendrier économique ou la saison des résultats d’entreprises. Les investisseurs ont acheté sur la base de rumeurs concernant la volonté des États-Unis et de l’Iran de négocier. À présent que des sources de Bloomberg rapportent l’intention des parties de prolonger l’accord de cessez-le-feu de deux semaines supplémentaires, l’intérêt pour de nouveaux achats diminue. Certains investisseurs prennent leurs bénéfices, ce qui entraîne un repli de l’EUR/USD.
Dynamique de l’inflation en Europe

La révision à la hausse des prix à la consommation dans la zone euro pour le mois de mars, à 2,6 %, n’a pas aidé l’euro. Christine Lagarde, Joachim Nagel et d’autres responsables de la BCE affirment que l’économie du bloc monétaire a emprunté une trajectoire située entre un scénario de base et un scénario défavorable. Ce dernier prévoit une accélération de l’inflation jusqu’à 4,2 %. Cette rhétorique devait en principe renforcer la position des faucons et inciter la banque centrale à durcir sa politique monétaire en avril.
En réalité, cela a peu de chances de se produire. Selon des sources de Bloomberg, le Conseil des gouverneurs n’est pas enclin à ajuster la politique monétaire lors de la prochaine réunion. D’après les responsables, des conditions de financement strictes freinent l’inflation et les anticipations d’inflation. Il vaut mieux attendre de voir comment les événements au Moyen-Orient évolueront plutôt que de se précipiter pour relever les taux.
Le marché à terme anticipe que la Fed ne modifiera pas le taux des federal funds en 2026, tandis que la BCE devrait relever deux fois le taux de la facilité de dépôt. Ce resserrement théorique du différentiel devrait jouer en faveur de l’EUR/USD. Cependant, si les attentes concernant les décisions de la BCE se déplacent d’avril vers une période ultérieure, certains traders pourraient être tentés de prendre leurs bénéfices sur l’euro. D’où la stabilisation de la paire de devises principale à ses niveaux actuels.
Évolution des ratios de couverture


Les hausses continues des indices boursiers exercent une pression sur le dollar américain. Les investisseurs étrangers augmentent leur couverture de leurs investissements dans les actifs américains, atteignant leurs plus hauts niveaux en un an. Par conséquent, les nouveaux records historiques du S&P 500 offrent un argument solide en faveur de l’achat de la principale paire de devises.
D’un point de vue technique, sur le graphique journalier, l’EUR/USD a connu une tentative avortée des acheteurs de reprendre le contrôle de la barre interne en cassant sa limite supérieure. Si le marché ne va pas là où on l’attend, il est plus susceptible d’évoluer dans la direction opposée. Ainsi, une cassure franche du support à 1,1765 constituerait un signal de vente.
