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FX.co ★ USD/JPY : à nouveau 155 : « seconde série » d’intervention japonaise et Axios Insider encourageant

USD/JPY : à nouveau 155 : « seconde série » d’intervention japonaise et Axios Insider encourageant

La paire USD/JPY a fortement chuté mercredi : en une seule heure, le cours a perdu près de 300 points. Il s’agit du deuxième mouvement de prix anormal au cours des deux dernières semaines. Jeudi dernier, le 30 avril, la paire avait déjà reculé de près de 500 points en quelques heures, passant de 160,73 à 155,58. Par la suite, au cours des trois séances de trading suivantes, le yen a commencé à reperdre du terrain. Les acheteurs de USD/JPY ont alors récupéré une partie de leurs pertes et ont ramené le cours dans la zone des 158, dans un contexte de renforcement généralisé du dollar américain. Et voilà que, avec ce nouveau rebondissement, les autorités japonaises ont de nouveau ramené la paire dans la zone des 155.

Le krach d’avril et la baisse de mercredi ont la même origine et sont liés aux interventions sur le marché des changes. Mercredi, nous avons assisté à ce que l’on pourrait qualifier de « deuxième épisode » — et peut-être pas le dernier.

USD/JPY : à nouveau 155 : « seconde série » d’intervention japonaise et Axios Insider encourageant

Il est remarquable que le marché n’ait pas reçu de confirmation officielle de l’intervention (le Japon ne la confirme qu’a posteriori) ; ainsi, mercredi, nous ne pouvons parler que de signes indirects, sur la base desquels les traders « décryptent » l’implication des banques centrales. Cela concerne en particulier la vitesse et l’ampleur du mouvement de prix. La paire a chuté de près de 300 points sur fond de calendrier macroéconomique quasiment vide. Les facteurs géopolitiques (que nous aborderons ci-dessous) ont contribué au repli de USD/JPY, mais pas de manière aussi brusque et massive. Lorsque le prix décroche « de nulle part », c’est un signe évident de l’« intervention » d’un acteur majeur (en l’occurrence, le ministère japonais des Finances).

Il convient également de noter qu’à l’heure actuelle, le Japon est en pleine « Golden Week », une série de jours fériés. Le 30 avril, lorsque la première vague d’intervention sur le marché des changes a eu lieu, le pays célébrait le Showa Day. Ce mercredi, le Japon observe également un jour férié officiel (en l’honneur du Children’s Day, célébré mardi) : les banques et fonds japonais sont fermés (ou fonctionnent en mode réduit), les principaux intervenants sont absents et la liquidité est faible. C’est un moment optimal pour mener une intervention de change, car un « déplacement » significatif du taux de change nécessite alors moins de réserves de devises que lors d’une journée de trading ordinaire.

Les représentants officiels du gouvernement japonais (la ministre des Finances Satsuki Katayama et son adjoint) n’ont ni confirmé ni infirmé l’intervention, se retranchant derrière un langage feutré évoquant un ministère qui « surveille attentivement les mouvements spéculatifs » et se dit « prêt à réagir à la situation 24h/24 et 7j/7 ». Il s’agit là de la position habituelle du ministère des Finances lorsqu’une intervention a déjà été réalisée ou est à l’étude.

Cependant, comme le dit l’adage, « l’intervention ne fait pas tout ». La paire USD/JPY subit également la pression d’autres facteurs fondamentaux interconnectés.

Le déclencheur de l’affaiblissement du dollar a été un article d’Axios indiquant que les États-Unis et l’Iran sont proches de la signature d’un mémorandum d’entente en 14 points visant à régler le conflit au Moyen-Orient. Si l’on en croit les sources internes citées par la publication, les parties se seraient entendues sur la réouverture progressive du détroit d’Ormuz et la levée des blocus maritimes réciproques. Puis, au cours d’une « période de silence » de 30 jours, les représentants de Washington et de Téhéran devront élaborer un traité de paix détaillé. Selon des informations préliminaires et non confirmées, l’Iran aurait accepté un moratoire sur l’enrichissement de l’uranium pour une durée de 12 à 15 ans.

Le marché pétrolier a réagi instantanément à ces rumeurs (toujours non confirmées) : le WTI a reculé de près de 10 %, tombant dans la zone de 91 à 93 dollars le baril, tandis que le Brent est passé sous le seuil psychologique des 100 dollars.

On sait que le Japon est structurellement importateur net de ressources énergétiques ; la baisse des prix du pétrole réduit donc le coût des importations et allège la pression sur la balance commerciale via le poste énergie. Cela diminue les sorties de devises liées aux achats de carburants et autres sources d’énergie, atténuant ainsi la pression fondamentale qui pèse sur le yen. En outre, la baisse des prix de l’énergie réduit les coûts pour l’industrie et le transport, soutenant la rentabilité du secteur exportateur.

Ainsi, la dynamique baissière de USD/JPY n’est pas seulement liée aux interventions de change (ou à la conviction du marché qu’elles ont lieu), mais également aux facteurs géopolitiques fondamentaux.

Après que la paire a inscrit un plus bas de 2,5 mois à 155,05, une correction marquée (130 points) s’est enclenchée sur fond de nouvelles menaces de Donald Trump à l’encontre de l’Iran (il a menacé de reprendre les bombardements si Téhéran refusait de respecter les accords conclus). Toutefois, à mon sens, dans les circonstances actuelles, ces mouvements correctifs devraient être mis à profit pour ouvrir des positions vendeuses.

Premièrement, une nouvelle vague d’intervention de change n’est pas à exclure (en 2022, par exemple, les autorités japonaises ont mené une opération en plusieurs étapes, en trois vagues), ce qui exercera une pression supplémentaire sur USD/JPY. Deuxièmement, si l’on en croit l’insider d’Axios mentionné plus haut, les États-Unis et l’Iran pourraient être sur le point de conclure dans les prochains jours un accord-cadre. Si cette information se confirme, le dollar valeur refuge subira une pression supplémentaire, tout comme la paire USD/JPY.

D’un point de vue technique, la paire se situe à l’extrémité inférieure de l’indicateur Bandes de Bollinger en unité journalière et sous l’ensemble des lignes de l’indicateur Ichimoku, ce qui milite en faveur de positions vendeuses. L’objectif immédiat pour une poursuite du mouvement baissier se trouve à 155,05, niveau qui correspond à la borne inférieure des Bandes de Bollinger sur le graphique quatre heures.

*L'analyse de marché présentée est de nature informative et n'est pas une incitation à effectuer une transaction
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