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FX.co ★ EUR/USD : un effet perdant-perdant – pourquoi le marché ignore-t-il l’échange de frappes entre les États-Unis et l’Iran ?

EUR/USD : un effet perdant-perdant – pourquoi le marché ignore-t-il l’échange de frappes entre les États-Unis et l’Iran ?

La paire euro/dollar a inscrit aujourd’hui un nouveau plus bas hebdomadaire en réaction à l’escalade au Moyen-Orient et, malgré les discussions actives autour d’un « mémorandum d’entente », les États-Unis et l’Iran ont échangé des frappes, jetant le doute sur les perspectives du processus diplomatique.

EUR/USD : un effet perdant-perdant – pourquoi le marché ignore-t-il l’échange de frappes entre les États-Unis et l’Iran ?

Selon CNN, les forces américaines ont mené une frappe aérienne contre une cible militaire à l’intérieur de l’Iran après que Téhéran a lancé quatre drones d’attaque contre un navire marchand battant pavillon américain. Les forces américaines ont intercepté les véhicules aériens sans pilote, puis frappé un lanceur terrestre utilisé pour les UAV dans la région de Bandar Abbas, empêchant un cinquième lancement.

Le Corps des gardiens de la révolution islamique a, pour sa part, déclaré avoir riposté par une attaque contre une base aérienne américaine au Koweït, d’où était partie la frappe contre l’Iran.

En réaction à l’incident, les traders ont poussé l’EUR/USD vers un plus bas hebdomadaire et testé la zone des 1,15, avec un plus bas à 1,1587. Dans le même temps, les vendeurs n’ont pas réussi à conserver leurs positions : dès l’ouverture de la séance européenne, la paire est revenue dans la zone des 1,16, où elle évolue pour la quatrième journée consécutive.

Cela indique que les ventes sous la zone 1,1610–1,1670 restent risquées, même dans un contexte de montée de l’aversion pour le risque. À en juger par la réaction du marché, les investisseurs continuent d’intégrer un scénario d’escalade limitée et la poursuite de la voie diplomatique entre les États-Unis et l’Iran. Malgré l’échange de frappes aujourd’hui, le pétrole ne progresse que modérément, et la demande pour les actifs refuges, y compris le dollar américain, reste relativement contenue. L’ensemble de ces éléments montre que les participants au marché ne considèrent pas l’incident comme le début d’une reprise du conflit à grande échelle.

Qu’est-ce qui explique cette résistance du marché ? Pour l’essentiel, la réaction modérée reflète le fait que le processus de négociation n’a pas été irréversiblement compromis. Pour les deux pays, une nouvelle phase d’actions militaires de grande ampleur constituerait un scénario « perdant-perdant », dans lequel les coûts politiques et économiques dépasseraient largement tout gain potentiel.

Les États-Unis, par exemple, prennent le risque de la stagflation dans un contexte d’accélération de l’inflation CPI et PCE et de ralentissement de la croissance du PIB. En cas de reprise des hostilités, le Brent pourrait grimper à 110–120 $ le baril, avec les conséquences associées : relèvement des taux directeurs de la Federal Reserve, hausse du risque de récession, etc. Il faut également rappeler que les élections de mi-mandat au Congrès américain sont prévues en novembre et qu’à l’approche de ce scrutin, la Maison-Blanche doit afficher des succès en politique étrangère plutôt que donner l’impression d’embarquer le pays dans une nouvelle « guerre sans fin » au Moyen-Orient. Une campagne aérienne prolongée, ou a fortiori terrestre, pourrait faire perdre à l’administration Trump le soutien des électeurs centristes, sensibles à la fois au prix de l’essence et aux pertes parmi le personnel militaire américain.

Une guerre à grande échelle serait également désavantageuse pour l’Iran, principalement en raison de sa vulnérabilité économique. La République islamique dépend fortement de ses exportations de pétrole et de ses canaux de commerce extérieur ; un blocus du détroit d’Ormuz, que Téhéran utilise comme levier, pénalise aussi l’Iran lui-même. Sans les revenus pétroliers, et dans un contexte d’inflation galopante, le rial risque de s’effondrer, ce qui paralyserait le marché intérieur. De plus, une guerre ouverte augmenterait le risque de destruction des infrastructures énergétiques du pays, des actifs qui ont mis des décennies à être construits. Malgré l’important arsenal iranien de missiles balistiques et de drones, les forces armées américaines sont en mesure de neutraliser les infrastructures pétrolières et gazières clés.

Pour ces raisons, la plupart des participants au marché sont convaincus que les négociateurs finiront par trouver un terrain d’entente et conclure un accord coûteux pour les deux parties, mais stabilisateur. En outre, des intermédiaires au Pakistan et à Oman ont confirmé les préparatifs en vue de nouveaux contacts entre Washington et Téhéran, et les deux camps n’excluent toujours pas la perspective d’un accord lié au nucléaire.

La réaction atone du marché aujourd’hui montre que les investisseurs ne s’attendent pas à un « happy end » immédiat sous la forme d’une réouverture rapide du détroit d’Ormuz, mais ils continuent de considérer la désescalade comme le scénario central.

Les participants au marché se sont déjà adaptés aux épisodes « d’escalade contrôlée » : les échanges de frappes sont davantage perçus comme un moyen de pression dans les négociations que comme un abandon d’un accord.

Pour ces raisons, les traders hésitent à ouvrir de larges positions directionnelles, que ce soit en faveur du dollar « refuge » ou de l’euro « risqué ». Il semble probable que l’EUR/USD continuera d’évoluer dans le corridor 1,1610–1,1670, correspondant aux bandes de Bollinger inférieure et supérieure sur le graphique H4, jusqu’à ce que le conflit au Moyen-Orient trouve finalement une issue. Dans ces conditions, il est raisonnable d’envisager l’ouverture de positions longues et courtes à proximité des bornes de ce corridor.

*L'analyse de marché présentée est de nature informative et n'est pas une incitation à effectuer une transaction
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