La semaine à venir fera le lien entre deux mois, une période qui se caractérise traditionnellement par une forte densité d’événements au calendrier macroéconomique. Les données clés retiendront l’attention des traders sur la paire EUR/USD, notamment le marché du travail américain, l’indice ISM manufacturier et le rapport sur l’inflation en Zone euro. Il est également essentiel de garder à l’esprit que, ces derniers jours, les questions géopolitiques sont de nouveau passées au premier plan, puisqu’une nouvelle poussée de tensions pourrait accroître la demande d’actifs refuges et modifier l’équilibre des forces sur le marché des changes.

Malgré les accords conclus plus tôt, la situation au Moyen-Orient s’est de nouveau aggravée. L’Iran a accusé Washington d’avoir violé le cessez-le-feu et a répliqué par des frappes de drones contre des sites militaires américains au Koweït et à Bahreïn. Téhéran a déclaré que les actions des États‑Unis mettaient de facto un terme au processus diplomatique, tandis que Donald Trump a averti de son intention de « finir ce qui a été commencé par des moyens militaires ».
Parallèlement, Israël a poursuivi ses frappes contre des cibles du Hezbollah dans le sud du Liban, compliquant davantage la situation autour du règlement régional. Les tensions sont également vives dans le détroit d’Ormuz. Selon le CENTCOM, un drone iranien a attaqué samedi un pétrolier transportant plus de deux millions de barils de pétrole dans le Golfe (après quoi les États‑Unis ont frappé des cibles militaires iraniennes). Cet incident a ravivé les inquiétudes concernant la sécurité du transport maritime dans la région.
Autrement dit, l’agenda géopolitique redevient un facteur de risque autonome pour les marchés financiers, capable de renforcer l’attrait des actifs refuges — en premier lieu le dollar, qui faisait déjà l’objet d’une forte demande la semaine dernière dans un contexte d’anticipations de plus en plus agressives quant aux prochaines décisions de la Federal Reserve. La probabilité d’une hausse de taux lors de la réunion de septembre est désormais proche de 50 %. Globalement, le marché ne doute pratiquement pas que, d’ici la fin de l’année, la banque centrale relèvera au moins une fois ses taux d’un quart de point (25 points de base) ; la probabilité de ce scénario est estimée à 85 % (d’après les données de CME FedWatch). Si les principaux rapports macroéconomiques américains publiés la semaine prochaine se révèlent à nouveau solides, cette probabilité pourrait fortement augmenter.
En particulier, mardi 30 juin, sera publié l’indice de confiance des consommateurs du Conference Board pour le mois de juin. Ce rapport permettra d’évaluer le degré de confiance des ménages américains dans un contexte de pressions inflationnistes persistantes et de tensions géopolitiques. Après un recul en mai à 93,1, le marché table sur un rebond local à 94,2 points. L’optimisme des consommateurs est un paramètre critique pour la Fed : si les données dépassent les attentes (notamment si l’indice franchit le seuil des 100), cela indiquera la résilience de la demande intérieure, alimentera les risques inflationnistes et soutiendra le dollar.
Également mardi, les États‑Unis publieront les statistiques sur les offres d’emploi et la rotation de la main-d’œuvre du Bureau of Labor Statistics (JOLTS). Le rapport de mai servira d’indicateur clé de l’état du marché du travail américain avant la publication des Non‑Farm Payrolls (NFP). Après le bond inattendu des offres d’emploi en avril, à 7,62 millions, les traders surveilleront de près si cette dynamique se poursuit ou si le marché se refroidit à nouveau. Les prévisions tablent sur 7,28 millions. Pour les acheteurs de dollar, il est essentiel que cet indicateur reste au‑dessus du seuil des 7 millions.
Un autre indicateur important du marché du travail américain sera publié le lendemain, mercredi 1er juillet : le rapport ADP pour le mois de juin, traditionnellement considéré par les investisseurs comme une sorte de « répétition générale » avant les statistiques officielles sur l’emploi américain. Après la forte progression de mai (122 000 emplois), le consensus pour juin se situe à 118 000 emplois. Un chiffre plus élevé renforcerait la confiance dans la résilience du marché du travail et de l’activité des entreprises aux États‑Unis, offrant un soutien supplémentaire au dollar.
Le même jour, le 1er juillet, sera également publié l’indice manufacturier ISM pour juin. Ce rapport montrera si le secteur manufacturier américain parvient à conserver sa dynamique après le bond de mai à 54,0 (son meilleur niveau depuis deux ans). La plupart des analystes estiment qu’en juin l’indice restera à peu près au même niveau, avec un léger recul à 53,7. Un tel résultat apporterait un soutien significatif à la devise américaine. Une attention particulière devra être portée à la structure du rapport, en particulier aux composantes « New Orders » (mesure de la demande future) et « Prices » (niveau des pressions inflationnistes dans le secteur). Si ces deux sous‑indices ressortent en territoire positif, cela renforcera encore les attentes de fermeté quant aux actions futures de la Fed.
Enfin, le rapport NFP de juin. En raison des célébrations de la fête nationale du 4 juillet aux États‑Unis, la publication des données officielles sur le marché du travail sera avancée au jeudi 2 juillet. Ce rapport constituera l’apogée de la semaine et un déclencheur clé d’une hausse de la volatilité. Après une hausse exceptionnellement solide de 172 000 emplois en mai, les analystes anticipent un retour à une croissance plus modérée, de l’ordre de 115 000 emplois en juin. Les investisseurs se concentreront également sur le taux de chômage (attendu stable par rapport au mois précédent, à 4,3 %) et sur la dynamique des salaires horaires (prévue en hausse à 3,5 %), qui sont des moteurs directs de l’inflation. Si les principales composantes du rapport ressortent au niveau ou au‑dessus des prévisions (a fortiori en territoire positif), le dollar devrait terminer la semaine sur de forts gains.
L’euro, de son côté, réagira aux données clés sur l’inflation de la zone euro pour le mois de juin, attendues mercredi 1er juillet. Cette publication constituera un moment décisif pour la monnaie unique cette semaine, surtout après l’accélération de l’inflation globale à 3,2 % en glissement annuel en mai et de l’inflation sous-jacente à 2,5 %. Le marché intègre pour l’instant un léger ralentissement de l’indice global des prix à la consommation (CPI) à 3,0 %. Cependant, la pression sous‑jacente sur les prix reste un élément crucial. Si l’indice des prix à la consommation hors éléments volatils dépasse les prévisions (c’est‑à‑dire ressort au‑dessus de 2,5 %), la Banque centrale européenne sera contrainte de conserver une position résolument restrictive. À l’inverse, si les données font apparaître un ralentissement sensible (en particulier de l’inflation sous‑jacente), la monnaie unique subira une pression importante.
Du point de vue de l’analyse technique, la situation de la paire EUR/USD se présente comme suit. Sur le graphique journalier, le prix évolue entre les lignes médiane et inférieure de l’indicateur Bollinger Bands et sous l’ensemble des lignes de l’indicateur Ichimoku, qui affiche un signal baissier de type « Parade of Lines ». Ainsi, malgré un rebond correctif notable, le graphique journalier continue de privilégier les positions vendeuses. En revanche, sur l’unité de temps H4, la paire a clôturé la semaine entre les lignes médiane et supérieure des Bollinger Bands et entre les lignes Tenkan‑sen et Kijun‑sen de l’indicateur Ichimoku, ce qui signale un risque pour la poursuite du mouvement haussier. Il est donc recommandé de n’ouvrir des positions vendeuses que lorsque le prix reviendra vers les lignes médiane et inférieure de Bollinger Bands et passera sous l’ensemble des lignes Ichimoku sur le graphique quatre heures (c’est‑à‑dire après sa consolidation sous le support de 1,1370). L’objectif le plus proche pour le mouvement baissier se situe à 1,1330 (ligne inférieure de Bollinger Bands sur l’unité de temps D1).
