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FX.co ★ USD/JPY : l’intervention n’a pas inversé la tendance. Qu’est-ce qui est nécessaire pour un yen plus fort ?

USD/JPY : l’intervention n’a pas inversé la tendance. Qu’est-ce qui est nécessaire pour un yen plus fort ?

La récente intervention conjointe sur les devises menée par les États-Unis et le Japon à la fin juillet a constitué un événement historique. Cependant, dès la première semaine d’août, le marché a montré que même un soutien sans précédent ne pouvait pas inverser les forces fondamentales qui pèsent sur le yen. L’effet s’est révélé de courte durée.

Le 5 août, la paire se négociait autour de 157,60, et le 10 août, elle atteignait 158,95, récupérant une part significative du repli. L’histoire montre que les interventions modifient rarement une tendance de long terme sans changement des fondamentaux.

USD/JPY : l’intervention n’a pas inversé la tendance. Qu’est-ce qui est nécessaire pour un yen plus fort ?

Le principal problème réside dans l’écart colossal entre le taux de la Bank of Japan (1 %) et celui de la Federal Reserve (3,50–3,75 %) : les capitaux se dirigent naturellement vers les actifs offrant des rendements plus élevés. Alors que les rendements des Treasuries américains à 30 ans s’approchent de leurs plus hauts niveaux depuis 20 ans et que le Japon reste le plus grand détenteur de dette américaine (environ 1,1 billion de dollars), toute intervention se heurte à des limites naturelles. Vendre des Treasuries pour acheter du yen pèserait à la fois sur le dollar et sur le marché obligataire américain lui‑même.

Il ne faut pas oublier d’autres facteurs : les dépenses des ménages ont reculé de 3,3 % en juin, alors qu’une hausse de 1,0 % était attendue ; le compte courant a affiché un déficit de 92,3 milliards de livres sterling en juin, contre un excédent attendu de 1 512 milliards de livres (premier déficit en 17 mois) ; et la dette publique du Japon, supérieure à 200 % du PIB, est largement commentée.

Les analystes mettent en avant trois conditions clés sans lesquelles même une intervention conjointe ne pourrait inverser la tendance. Premièrement, la BOJ doit relever son taux directeur : le marché intègre une probabilité d’environ 67 % d’une telle hausse en septembre–octobre. Deuxièmement, les anticipations de taux de la Fed doivent baisser — le principal déclencheur étant ici les chiffres de l’inflation américaine pour juillet, qui seront publiés le 12 août. Enfin, les prix du pétrole doivent reculer ; sans cela, tout le reste aura moins d’efficacité.

Dans un résumé des points de vue des membres du conseil de la BOJ publié le 10 août, des signaux « hawkish » ont été perçus. Un membre du conseil a déclaré que le rythme des hausses de taux pourrait être plus rapide que ce qu’escompte le marché ; un autre a appelé à démontrer la détermination à empêcher une dérive haussière de l’inflation, en laissant la porte ouverte à des relèvements plus marqués. L’accent s’est déplacé de « l’atteinte de 2 % d’inflation » vers la « prévention d’un nouvel écart par rapport à l’objectif ».

Les spéculateurs ont réduit leurs positions vendeuses de 117 939 contrats (près de 73 %), ce qui représentait environ 9,36 milliards de dollars. La position vendeuse a ainsi été ramenée à 3,11 milliards. Le prix calculé a fortement reculé principalement en raison des clôtures forcées de positions vendeuses spéculatives.

USD/JPY : l’intervention n’a pas inversé la tendance. Qu’est-ce qui est nécessaire pour un yen plus fort ?

La paire devrait probablement consolider dans la zone 157–160. Si l’indice des prix à la consommation (CPI) américain dépasse les prévisions, le dollar se renforcera et l’USD/JPY testera de nouveau 160, s’approchant d’une zone de risque d’intervention accru. Avant la réunion de la BOJ des 17–18 septembre, il n’existe pratiquement aucun facteur fondamental susceptible de faire baisser l’USD/JPY.

*L'analyse de marché présentée est de nature informative et n'est pas une incitation à effectuer une transaction
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