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FX.co ★ Les investisseurs perdent leur retenue

Les investisseurs perdent leur retenue

Les arbres ne poussent pas jusqu’au ciel — Wall Street se rappelle ce vieux dicton boursier chaque fois qu’un rallye semble ne jamais vouloir s’arrêter. Mardi, le proverbe s’est vérifié au sens propre : les actions américaines ont vacillé pour la troisième séance consécutive, entraînant le secteur technologique dans leur repli.

Le Nasdaq-100 et le S&P 500 ont reculé. Les rendements des obligations de longue maturité se négocient à proximité de leurs plus hauts de 19 ans, sur fond de dépenses budgétaires, d’inflation persistante et de hausse des émissions de dette. Le rendement américain à 30 ans a atteint 5,34 % avant de se replier légèrement. Le Brent a effacé une partie de ses gains initiaux mais se maintient autour de 91 $/bbl, alors que les tensions restent élevées au Moyen-Orient.

Performance des indices

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Les stratégistes de JPMorgan Chase considèrent la hausse des rendements comme la conséquence de la progression des prix de l’énergie, de la dégradation de la situation budgétaire américaine et d’une augmentation des émissions de dette. Les valeurs de croissance en subissent de plein fouet les effets : des taux plus élevés compressent la valeur actuelle des flux de trésorerie futurs des entreprises et renchérissent leurs coûts d’emprunt.

Cela dit, il est trop tôt pour céder à la panique. Le S&P 500 n’est qu’à environ 1,5 % de son record historique et affiche une hausse de 12,4 % depuis le début de l’année — et ce, malgré un conflit prolongé au Moyen-Orient. Les bénéfices des entreprises augmentent, les marges restent à des niveaux record et, comme le reconnaît Wall Street, les actions paraissent toujours attrayantes.

Dans le même temps, les anticipations d’une hausse des taux par la Fed en septembre ont légèrement augmenté — de 31 % à 33 %. Les minutes de la Fed doivent être publiées mercredi. Cet examen minutieux compense en partie le fait que Kevin Warsh a sensiblement réduit ses prises de parole publiques ; le marché se pose une question simple : quelle est la fonction de réaction de la Fed ?

L’optimisme n’a pas disparu. L’enquête de Bank of America auprès des gérants de fonds montre que les allocations en actions sont à leur plus haut niveau depuis novembre 2021 : un solde net de 56 % de surpondération en actions, tandis que les liquidités sont tombées à un niveau « ultra-bas » de 3,5 %. La banque décrit le consensus avec une pointe d’ironie : pas d’atterrissage brutal, pas de hausses de taux de la Fed, pas de pression sur les dépenses d’investissement liées à l’IA — un FOMO collectif, la peur de passer à côté du rally.

Selon cette enquête, les investisseurs ne s’attendent pas à des hausses de taux avant les élections de novembre et ne jugent pas probable une victoire convaincante des démocrates qui pourrait faire dérailler le rally du S&P 500. Il est à noter que les baisses d’impôts sous Trump ont relevé le prix que les investisseurs sont disposés à payer pour les actions ; une administration démocrate dotée d’un mandat pour augmenter les impôts serait une mauvaise nouvelle pour le marché.

Prévisions de trajectoire de l’économie américaine

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Qui achète le marché à la fin de cet été brûlant — et pourquoi ? Les gérants de fonds parient sur un scénario de « no-landing », tandis que les dirigeants d’entreprise anticipent une croissance des bénéfices à deux chiffres — la perspective la plus solide depuis 2021. Je doute que cette confiance dure si les rendements continuent d’enchaîner les records.

Techniquement, sur le graphique journalier, le gap n’a pas encore été comblé, et les vendeurs gardent la main. Ajouter des positions vendeuses vers 7 665 et 7 610 est la stratégie tactique.

*L'analyse de marché présentée est de nature informative et n'est pas une incitation à effectuer une transaction
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