Le dollar a évolué en dents de scie de manière plutôt ordonnée, mais dans l’ensemble, si l’on considère la situation, l’équilibre des forces n’a pas changé de façon significative.
Certes, l’emploi américain a augmenté de 162 000 en août, contre un consensus de seulement 55 000, et le taux de chômage est resté à 4,1 %. Mais ce rapport s’est nettement écarté de l’ensemble des indicateurs avancés à la fois, puisque ADP n’a comptabilisé que 38 000 créations de postes, l’indice de l’emploi dans les services de l’ISM est resté en zone de contraction, et l’ISM manufacturier a reculé. Dans le même temps, les salaires ont progressé de 3,1 % sur un an, sans accélération, ce qui atténue certaines craintes d’inflation. Pour l’euro et la livre, un rapport aussi solide a constitué un choc de court terme, et les deux devises européennes ont cédé du terrain face au dollar. Mais à mon sens, la situation de la Réserve fédérale n’a pas fondamentalement changé ; c’est plutôt le camp des « colombes », qui s’appuyait sur un marché du travail faible, qui en sort affaibli. Ainsi, jusqu’à la publication du rapport sur l’inflation le 11 septembre, la pression sur l’EUR/USD et le GBP/USD devrait persister, et l’initiative restera au dollar, actuellement plus fort.
Aujourd’hui, l’attention pour la monnaie unique se portera sur les chiffres de la production industrielle allemande et sur l’indicateur de confiance des investisseurs Sentix. Toutefois, l’élément de loin le plus important sera la révision du PIB de la zone euro au deuxième trimestre, accompagnée des données sur l’emploi. À mon avis, le marché observera avant tout si les données révisées confirment le tableau de croissance déjà dressé. Si les chiffres sont conformes aux prévisions des économistes, la pression sur l’EUR/USD pourrait reprendre, car sans surprise positive, la monnaie unique aura du mal à résister à un dollar renforcé par le solide rapport sur l’emploi américain. Néanmoins, je garde à l’esprit la réunion à venir de la Banque centrale européenne le 10 septembre, où un relèvement de taux à 2,5 % est presque entièrement intégré dans les prix, et je pense que cet ancrage limitera l’ampleur de toute éventuelle baisse de l’euro.
Pour la livre, il n’y a aujourd’hui aucune statistique domestique au calendrier, ce qui donnera aux acheteurs une chance de redresser la paire après la vague de ventes de vendredi, mais il est peu probable qu’elle sorte de son principal canal horizontal 1,3480–1,3545.
Stratégie Momentum (trading de cassure)
Le principe de cette approche est d’attendre une sortie franche du prix au‑delà d’un niveau clé et de se joindre à l’impulsion en formation plutôt que d’essayer d’anticiper un retournement. Les modèles de cassure sont particulièrement efficaces lorsque le marché gagne en momentum et que les gros intervenants commencent à pousser le prix dans une seule direction, c’est pourquoi je préfère intervenir strictement sur cassure plutôt qu’en anticipation.
Pour la paire EURUSD. J’envisage des positions longues en cas de cassure de 1,1621. À mon avis, une clôture au‑dessus de ce niveau peut ouvrir au départ la voie de l’euro vers 1,1641 et, si l’impulsion se poursuit, vers l’objectif suivant à 1,1657. Le franchissement successif de ces niveaux signalera que l’initiative est réellement passée aux acheteurs. Du côté opposé, on surveillera les positions vendeuses en cas de cassure de 1,1601, puisqu’un repli sous ce niveau ouvre un espace vers 1,1587 puis 1,1568. Tant que la paire reste coincée entre ces bornes, je préfère rester patient et attendre une cassure nette plutôt que d’entrer à l’intérieur du range.
Pour la paire GBPUSD. Je prévois d’acheter en cas de cassure de 1,3521, car une clôture au‑dessus de ce seuil peut pousser la livre vers 1,3545 et, si le mouvement se développe, vers 1,3573. Les positions vendeuses se justifient sur une cassure de 1,3501, car son enfoncement mettrait à mal les positions des acheteurs et ouvrirait la voie à une baisse vers 1,3480 puis 1,3457. Comme pour l’euro, je mise sur l’impulsion plutôt que d’essayer de capter les mouvements à l’intérieur des bornes, où les signaux sont trop souvent trompeurs.
Stratégie de retour à la moyenne (return trading)

Cette approche suit une logique opposée et repose sur l’idée que toute cassure ne se transforme pas en véritable rupture. Il arrive souvent que le prix perce un niveau important sans réussir à trouver le soutien de gros intervenants, puis se replie ; ces fausses sorties offrent alors certains des meilleurs points d’entrée. Ici, je ne poursuis pas l’impulsion, mais je vais à son encontre, en attendant que la fausse cassure arrive à épuisement.
Pour la paire EURUSD, je chercherai des positions vendeuses après une fausse sortie au-dessus de 1,1623, lorsque le prix reviendra en dessous de ce niveau, car un tel scénario indique généralement que les acheteurs n’ont pas la force de se maintenir au-dessus et que l’initiative passe aux vendeurs. À l’inverse, je privilégierai des achats après une tentative avortée de passer sous 1,1604, lors du retour du prix vers ce niveau, ce qui signalera l’épuisement de la pression baissière. Dans les deux cas, le signal clé pour moi est le retour sur le niveau lui-même, et non le premier dépassement.

Pour la paire GBPUSD, la logique est identique. Je chercherai des positions vendeuses après une tentative avortée de sortie au-dessus de 1,3524, suivie d’un retour en dessous de ce niveau, et des positions acheteuses après une tentative infructueuse de maintien sous 1,3498, suivie d’un retour vers ce niveau. De tels points d’entrée sont intéressants, car ils impliquent un risque limité et un placement du stop clairement défini. Si le retour ne se produit pas et que le prix poursuit au contraire sa cassure, le signal est immédiatement invalidé et je préfère alors rester en retrait et attendre la prochaine opportunité.
