logo

FX.co ★ Points clés à retenir des minutes de la BCE de septembre

Points clés à retenir des minutes de la BCE de septembre

Le compte rendu de la réunion de septembre de la BCE publié hier a peu soutenu l’euro. Le document montre que la banque centrale constate un choc énergétique, mais ne voit pas encore de spirale prix–salaires. Cela correspond au message récent de son Chef économiste, Philip Lane : une "voie médiane", une pause en octobre et une hausse en décembre. Les partisans d’un resserrement graduel l’emportent ; ceux qui s’attendaient à une action plus vigoureuse de la BCE perdent. Je ne vois pas beaucoup de nouveautés dans ces minutes — les marchés réagissent aux surprises — ce qui explique pourquoi l’euro n’a pas fortement bougé.

Points clés à retenir des minutes de la BCE de septembre

Ce que la banque centrale a apprécié, c’est la situation sur le marché du travail. L’inflation globale en août a accéléré à 3,3 % contre 2,9 % ; l’énergie a augmenté de 14,3 % ; l’inflation alimentaire est restée à 1,2 %. Pourtant, Lane a estimé que les effets de second tour étaient absents pour l’instant. Les prévisions des décideurs tracent un long chemin de retour vers la cible : l’inflation globale est projetée à 3,0 % en 2026, 2,5 % en 2027 et 2,1 % en 2028 ; l’inflation sous-jacente à 2,5 %, 2,6 % et 2,3 % respectivement — les prévisions pour 2027 et 2028 ont été relevées de 0,2 et 0,1 point de pourcentage. Les prévisions de croissance ont été légèrement revues à la hausse : 0,9 % en 2026, 1,4 % en 2027 et 1,5 % en 2028.

Les marchés et les taux décrits dans les minutes apparaissent nettement plus restrictifs que les prix de marché actuels. Le taux terminal du cycle dépasse désormais 3 % pour la première fois, et le marché intègre 84 pb de hausses d’ici fin 2027, contre 64 pb en juillet, tandis qu’une enquête auprès des analystes n’anticipait qu’une dernière hausse en septembre. Le tableau a changé : une pause le 29 octobre est désormais largement attendue, avec une dernière hausse prévue en décembre vers environ 2,75 %. Cela signifie que le marché a ralenti le rythme mais pas changé la direction. Pour l’euro, c’est une mauvaise nouvelle : moins de hausses annoncées signifient un soutien moindre lié aux différentiels de taux.

La BCE attribue la hausse des rendements à l’ampleur des émissions américaines, aux préoccupations budgétaires et à l’incertitude sur l’inflation. La courbe de taux dans la zone euro s’est déplacée vers le haut de manière presque parallèle, et le segment long a augmenté en raison d’une prime de terme, reflétant des volumes de dette plus importants et une incertitude budgétaire accrue. À l’heure actuelle, c’est le point de comparaison le plus défavorable : l’écart entre les obligations françaises et allemandes est à son plus haut niveau depuis 2011, et la France donne actuellement le ton pour le sentiment sur l’euro.

Les minutes soulignent également un taux de chômage stable à 6,4 %, une baisse du taux d’emplois vacants à 2,1 %, un rebond de la confiance des consommateurs à partir de niveaux faibles, et un retour à la croissance de l’industrie, soutenue par les dépenses de défense et d’infrastructures. Le déficit budgétaire de la zone euro devrait se creuser, passant de 3,0 % du PIB en 2025 à 3,6 % en 2026 et 3,7 % en 2027, avec un assouplissement budgétaire de 0,5 point de pourcentage en 2026 qui sera inversé en 2027–2028 et pèsera alors sur la croissance.

Pour l’euro, le message est double. D’un côté, le rapport confirme que la BCE ne forcera pas un resserrement plus rapide. De l’autre, il fournit à la banque une feuille de route claire à court terme, offrant de la prévisibilité mais sans impulsion forte.

Selon moi, l’euro restera enfermé dans une fourchette au cours des prochaines semaines, les tentatives de hausse étant limitées par un dollar fort et un pétrole cher. Un rebond significatif nécessiterait soit une réponse coordonnée Berlin–Bruxelles à la situation française, soit une baisse du Brent ou des chiffres d’inflation américains décevants. Le prochain test sera la réunion de la BCE du 29 octobre : une pause accompagnée d’un discours offensif (hawkish) donnerait un peu de soutien à l’euro, tandis qu’une pause laissant entendre l’abandon de la hausse de décembre pèserait sur la devise.

Analyse technique EUR/USD

Les acheteurs doivent reconquérir 1,1240 pour viser un test de 1,1275. À partir de là, la voie vers 1,1310 s’ouvrira, mais y parvenir sans soutien de grands intervenants sera difficile. À la baisse, je ne m’attends à un intérêt marqué des acheteurs qu’autour de 1,1200. Si ce niveau ne tient pas, il faudra attendre une cassure sous le plus bas d’un mois à 1,1165 ou envisager des positions longues à 1,1130.

Analyse technique GBP/USD

Les acheteurs de sterling doivent franchir la première résistance à 1,3250 pour viser 1,3280. Une cassure au-dessus de ce niveau permettrait de prolonger la hausse vers 1,3310. À la baisse, les vendeurs tenteront de prendre la main à 1,3215. S’ils y parviennent, une sortie de la fourchette de négociation pénaliserait fortement les acheteurs et pousserait GBP/USD vers le plus bas à 1,3180, avec un potentiel de baisse jusqu’à 1,3155.

*L'analyse de marché présentée est de nature informative et n'est pas une incitation à effectuer une transaction
Go to the articles list Go to this author's articles Open trading account